06 janvier 2013

jours tranquilles à clichy


Dis-moi, t'en souviens-tu, t'en souviens-tu de nos délicieuses soirées chez tes parents, lorsqu'ils nous laissaient seuls le week end. Ces merveilleuses soirées, à papoter des dures durant sur tout et sur rien. Sur nous et sur le monde. À griller clope après clope, à descendre la bouteille de whisky à des niveaux dangereusement bas. Et puis surtout cette première fois, cette fin de soirée là où nous nous sommes aimés dans le salon de tes parents, dans cet horrible salon au papier peint rescapé des seventies, près du buffet de la grand mère et du canapé en chêne massif et velours côtelé. Nous n'en menions pas large mais l'alcool aidant, nos lèvres se sont rapprochées et, très vite, maladroitement, sans vraiment réfléchir nous nous sommes dessapés. Nous découvrions enfin nos corps, la texture de nos peaux, nos odeurs d'hommes. Nos gestes au début hésitants devinrent vite plus assurés ou plutôt plus décidés, emportés que nous étions. Si au début nous évitions chacun le regard de l'autre, très vite nous apprenions à lire dans les yeux de chacun de nous la flamme du désir. Ta queue était magnifiquement raide. Fine, longue, je la menais au plus profond de ma gorge et la mienne plus épaisse réjouissait de ses va et viens ta glotte. Bientôt je trouvai le chemin de ton cul et avec une facilité insoupçonnée, te transperçais gaillardement au milieu de ce fameux salon. Délicatement j'allais et venais en toi. Tu, nous gémissions doucement, empreints de la gravité, de l'intensité du moment. Plus rien ne serait comme avant, nous n'y pensions pas mais le savions déjà. Quand enfin, d'un dernier et intense coup de rein ma semence se répandit en toi, d'une larme nous enterrâmes notre adolescence.

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