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14 juin 2008

MissingNYCdesesperatly (1)

trop longtemps sans voir New York; trop longtemps, trop loin de ses nuits enfumées, alcoolisées; trop longtemps loi de ses mecs.
quelques new yorkais photographiés par Di mola Merci



MissingNYCdesesperatly (2)

trop longtemps sans voir New York; trop longtemps, trop loin de ses nuits.
Yellow cabs, trottoirs fumants.
Un hotdog à 5h du mat en sortant de boite. odeurs : metro, poubelles, bitume.La ville



06 octobre 2007

NYC again ...soon


Bon, c'est presque décidé! malgré, la parano crispante des américains, malgré Bush, malgré l'Irak, malgré le passeport biométrique, c'est décidé (presque) je retourne à New York; je vais enfin tenir ma promesse déjà ancienne, la promesse faite à un gosse de 11 ans de l'emmener voir big apple. Emmener ce petit d'italien, voir les trottoirs de little italy, aller sur les trace d'Al pacino, de scorcese. Moi, je resterai comme toujours sur mon New York à moi. Un NYC de trottoirs qui fument, de nuits courtes, de taxis jaunes qui m'emmènent voir le petit matin à Coney Island sur les trace de Lou Reed et de Y. surtout Y. et finalement mon passé va encore me rattraper, avec son gout doux-amer des fins de speed, des Lucky fumées sans filtre, jusqu’au bout, jusqu’à s’en brûler les doigts.

Le froid, le froid du petit matin sur ces planches glissantes ; alors on jette son mégot au loin, on regarde la mer qui se découvre et on s’en retourne, on repart vers la lumière vers ce Nathan’s, sa chaleur, ses épaves hallucinées qui se gavent encore de pickles géants et de choux servi à volonté. Nathan’s si New yorkais, si juif, si ashkénaze. Mon New York est là aussi, avec Liza Minnelli, les lumières de times square et l’empire state avec.

coney island by night se cache derrière la photo de Nathan's cliquez dessus pour le découvrir

11 septembre 2007

La mémoire et la mer (année II)


09 septembre 2007

NYC



voilà qui me donne une nouvelle fois une furieuse envie de retourner me perdre dans les rues de New York.
du coup je ne résiste pas à me remettre un petit coup de mon petit montage vidéo avec Liza en fond musical, et pour moi mais rien que pour moi, derrière ces images, l'odeur, les bruits de cette ville qui m'a aidé à naître en m'expulsant: on the road again.



17 février 2007

Coney Island (a long time ago)


Petit matin glacial. Jeté là, sur ces planches humides, je tire à fond sur mon clope. Une lumière blafarde détache peu à peu les sinistres manèges du noir de la nuit. Mes oreilles bourdonnent encore du vacarme du métro parcourant stations déserts après stations désertes Brooklyn et le Queens endormis.
Le froid du matin me glace, ma barbe de deux jours se dresse sur mes joues fatiguées.
Je cherche la paix, le silence, la nuit qui s’en va.
J’ai quitté sans bruit cette chambre désolée quelque part pas loin de Houston street. J’ai quitté ce lit inconnu, ce corps inconnu rencontré au Eagle.
Je ne voulais pas me réveiller, me laisser surprendre par le jour dans ces draps étrangers,. Impossible pour moi de croiser ce regard, d’attendre le premier faux semblant « hi ! , hello, my name is, coffee or tea,… »
J’ai enfilé mon jean, mon tee shirt, je me suis chaussé sur le palier et je me suis engouffré dans la première bouche de métro venue.
Un token, un long et sinistre couloir, des ampoules tristes protégées par un grillage sommaire. Je n’entends que le bruit de mes pas dans ce couloir qui n’en fini pas, je referme la braguette de mon 501 sur ma queue libérée, ne le retrouvant pas, j’ai du laisser mon slip en souvenir !
Moi, maintenant, il me reste le souvenir de ses mains sur mon corps, l’odeur de la cigarette sur mes doigts se mêlant aux odeurs de l’amour, intimité des corps ; fluides.. Mon visage sous le froid glacial vibre encore de ses baisers râpeux.
Les dernières vapeurs de speed s’estompent doucement. Un Nathan’s au loin m’appelle, un café, un donut.
Un jour nouveau.

17 janvier 2007

New York - New York



définitivement, NYC me manque!!

16 mars 2006


ILUVNY


15 mars 2006

Pas de pudeur entre nous,
nous sommes amis

Tu es mon meilleur ami ; dans cette chambre de ce petit appartement loué 43th st à NYC, nous vivons une intimité délicieuse ; délicieuse et douloureuse. Tu vaque tranquillement dans une joyeuse et innocente tranquillité. Nous sommes amis ! Pas de sexe entre nous. On se touche, on se tripote comme des gosses. On se vanne tels des adolescents quand je mate un beau mec dans la rue ou toi une belle fille.
Dès notre retour dans notre antre, tu adores pisser la porte ouverte, bruyamment. Tu reviens dans la pièce principale en te reboutonnant, un sourire ravageur aux lèvres. Soir et matin, tu te mets à l’aise et déambule, en caleçon ou en slip informe. J’aime à te regarder ainsi traverser la pièce en te grattant les couilles. J’aime ces moments de mâle intimité. A aucun moment il me viendrait à l’idée de tenter quoi que ce soit et tu le sais. Comme tu sais que je te regarde, particulièrement le matin quand, à peine réveillé, le sexe encore un peu dur tu vas vers la salle de bains, enlève ton caleçon, pisse sans précaution avant de rejoindre la douche sans fermer la porte.
Petit salaud, j’aimerais bien pourtant t’y rejoindre sous la douche, prendre ta queue dans ma main, te branler te sucer, sale petit allumeur. Mais tu es mon ami, mon frère et je ne gâcherai cela pour rien au monde

22 février 2006


Garçon/madeleine de Proust.

Comme un coup dans l’estomac, de grandes vagues chaudes m’ont subitement envahies dès que je t’ai aperçu, au hasard de mes divagations webiennes. Ron, son allure, son regard, tout en toi m’a ramené à lui. Mais pour parler de lui, il faut que je revienne à Y.
Depuis tes dernières déclarations, ma vie américaine, mon rêve américain ( ?) s’enfonçait peu à peu dans une quasi solitude dépressive. Tu m’avais de nouveau attaché, emporté. Tu faisais tout pour effacer entre nous les milliers de kilomètres qui nous séparaient. Je ne savais de fait plus vraiment où j’étais : étais-je à Berkeley, étais-je en France avec toi ? Je vivais ma vie comme une parenthèse. Pourtant, tout allait bien pour moi. Je menais ma barque correctement, le travail ne manquait pas, les copains non plus. Et cette vie semi clandestine, marginale comme la vie, dans le climat idéal de Berkeley peut l’être, me convenait. Mais mes journées étaient maintenant ponctuées par cette terrible force de rappel que tu exerçais sur moi. Je travaillais le matin mais trouvais toujours le temps l’après midi pour m’installer au café Durant et t’appeler, annihiler les distances entre nous et pendant quelques heures me retrouver là bas en France à tes cotés. Le téléphone raccroché, je devenais pendant un long moment comme un ET ayant raté sa porte transgalactique, en suspension dans l’éther !
Ainsi doucement mais sûrement tu m’éloignais de Berkeley et de la vie que je pouvais y construire. Pourtant le moment était venu de prendre des décisions. Les affaires allaient bien, notre associé canadien, souhaitait engager les démarches pour régulariser notre situation et ainsi lancer notre entreprise dans la légalité. J’éludais, je le faisais patienter, mais, même si je ne me le disais pas encore, j’avais pris la décision de te retrouver, de revenir vers toi.
Ce matin là, comme à mon habitude, je roulais, dans la fraîcheur matinale, dans les rues sombres de north Oakland, vers le chantier du jour. Cela m’était de plus en plus difficile. Je faisais de plus en plus mécaniquement mes gestes quotidiens, j’avis de plus en plus de mal à quitter « l’éther » entre la France et la Californie. Je planais sec ! Je n’ai pas vu le truck griller le feu rouge, je l’ai pris de plein fouet et ma dodge de 2,5 tonnes a valsé sur elle-même plus de trois fois avant de s’immobiliser à quelques millimètres d’une Cadillac blanche arrêtée devant un bar glauque. J’étais sonné, je n’arrivais plus à sortir de la voiture. Des tas de gens de couleur, sortis d’où je ne sais où, hurlaient autour de la voiture. Il me fallait atterrir reprendre conscience. Alors, tu as ouvert la porte coté passager ; je n’ai vu que ton sourire, tes yeux perçants. Tu m’as aidé à sortir du véhicule. J’ai reçu ton odeur en pleine figure, en un instant, j’ai eu envie, une envie foudroyante de faire l’amour avec toi. Au contact de l’air frais, j’ai commencé à me rendre compte que j’étais dans un environnement plutôt hostile. Le truck n’avait pas attendu, j’avais une station wagon transformée en virgule au milieu de north Oakland, dans une rue d’entrepôts et de bars ouvriers. Ouvriers exclusivement noirs. Je n’avais pas touché, fort heureusement la Cadillac, mais visiblement le propriétaire, un grand gaillard coiffé d’un énorme chapeau de cow boy, hurlait et affirmait le contraire, sa femme à ses cotés hurlait son traumatisme crânien ou je ne sais quoi. Je roulais sans permis et sans assurance. Les flics sont venus, tu as tout arrangé, calmement avec ton désarmant sourire. Tu m’as entièrement pris en charge ; je ne disais rien, rien d’autre que le strict nécessaire : nom adresse, permis ? Oublié à la maison, bla, bla, bla. Une ambulance ? Pas la peine, tu allais m’emmener aux urgences de l’hôpital le plus proche pour que l’on me pose les trois points nécessaires à la blessure de ma main.
Toujours dans le coltard, je t’ai accompagné dans ta Plymouth pourrie. Tu te marrais, très fier de toi, de m’avoir sorti de ce merdier. Pourquoi ? N’avais-tu donc rien d’autre à faire ce matin là que de passer dans un quartier black sauver la vie d’un frenchie paumé ? Toute la matinée c’est écoulée ainsi, moi à l’ouest, toi me baladant à l’hôpital de services en services pour que je puisse être soigné sans débourser un dollar.
Puis, nous nous sommes retrouvés chez toi. Le calme enfin, le silence. Ton odeur partout maintenant, envoûtante. J’avais une envie folle de te prendre dans mes bras ! Tu étais mince, blond, habillé de cuir comme un motard, un motard qui aurait échangé sa moto contre une Plymouth à bout de souffle. Tu portais ton blouson à même le corps, très près du corps, la fermeture éclair laissait apparaître une peau très blanche, une poitrine sèche et imberbe. Je comprenais l’odeur ; c’était celle de ton corps, de ta peau de presque roux mêlée au cuir, un cuir dans lequel tu devais passer tes jours et tes nuits.
Tu nous a préparé du café que nous avons bu en silence, les yeux dans les yeux tu te marrais tandis que je commençais à prendre de plein fouet le contre coup de l’accident. J’ai posé mon café sur le coin de la table et me suis précipité sur toi. Je n’y tenais plus, je t’ai enlacé à l’intérieur de ton cuir, à même la peau et j’ai pleuré, pleuré comme on pleure sur un grand frère. Tu as laissé le flot peu à peu se calmer. Puis, tendrement, tu as posé un baiser sur mes lèvres et tu m’as conduit vers le lit. Là encore, j’étais entièrement entre tes mains. Tu m’as tranquillement déshabillé et proposé de dormir un peu. Je t’ai demandé de rester près de moi, de t’étendre tout contre moi. Tu as simplement enlevé ton blouson et tes bottes et nous sommes restés ainsi, un long moment, toi torse nu, en pantalon de cuir et moi en slip, collés l’un à l’autre. Un grand moment de tendresse partagée.
Quand je me suis éveillé, tu dormais, là tout près de moi. Je pouvais à loisir, détailler ton corps, le grain de ta peau : blanche, je devinais sur tes épaules des taches de rousseur. Ton nombril sur un ventre plat mais pas parfait, sans doute déjà sensible aux multiples bières nocturnes. Pas de poils, juste un léger duvet se faisant plus fourni à l’approche de la ceinture du pantalon. Quelques poils roux cependant dépassaient de sous tes aisselles. Je me suis approché, humé tes bras, ton torse. J’ai laissé mon visage quelques instants juste au dessus de ton nombril à quelques centimètres de la ceinture de ton cuir, posé ma bouche délicatement sur ton nombril. Ta main s’est alors posée sur ma tête, tu étais réveillé, tu m’encourageais. Ton duvet blond caressait ma bouche et déjà l’odeur du cuir, à l’approche de ta ceinture se faisait plus présente. J’ai levé la tête, ton visage dégageait une immense tendresse, une infinie douceur, nous nous sommes embrassés, enlacés. Je n’aurais jamais pu t’ôter le pantalon, tellement il te collait au corps. Assis sur le lit, je te regardais te déshabiller, le regard rivé sur tes mains défaisant chaque bouton, laissant découvrir comme au ralenti, un peu plus de chair blanche sous un duvet de plus en plus fourni. Tu n’avais pas de slip, ta queue était belle, lourde et épaisse, parfaite à décalotter mais comme la plupart des américains tu étais circoncis..
Très vite j’ai collé mon visage sur ton pubis, te respirant à plein nez, très vite, agrippé à tes fesses, j’ai avalé ta queue, tes couilles superbement pendues. Tes fesses, charnues, poilues, une vraie forêt, contrastant avec le reste de ton corps plutôt glabre et imberbe.Que de douceur en toi ! Quel envahissement de tendresse ! Tu rayonnais. Contre coup de l’accident ? Là dans tes bras, sous tes caresses, j’étais comme submergé par une immense émotion, une envie irrépressible de me fondre et de ne faire qu’un avec toi ; Je retenais mes larmes, des larmes de bonheur. Nous avons fait l’amour longuement : infinie tendresse, infinie douceur ; peu de mots. Une longue exploration des corps. Tu m’as pénétré lentement, profondément, longtemps. J’ai joui et j’ai pleuré. Dehors il faisait nuit

04 février 2006

USAsansLUI
Il n'était plus là. La maison était maintenant vide de son silence, encore plus pesante de l'absence de son angoisse. J'ai fui en avant. Sorties, rencontres. tout pour créer ici, seul, ce que j'avais révé avec lui. Des copains, Des numéros de téléphone griffonnés dans le creux de ma main, puis, certains soirs, le creux ne suffisant plus, sur le dos de la main puis sur mon torse, mon ventre. Une solitude peuplée de tas d’inconnus souriants et aimables ; creux.
Les jours ont passé, j’avais de temps en temps des nouvelles de lui, il allait bien, manifestement, son retour en France, lui faisait du bien. Jamais je m’enquis de la date de son retour, je voulais lui laisser le temps de prendre.. Le temps. Et puis le retrouver pour revivre ce qui était finalement un cauchemar. Je l’aimais, oui, et j’étais prêt au nom de cette passion de tout supporter y compris la séparation.
Deux mois après son départ, il m’annonça finalement son retour. Il avait hâte de me retrouver, il avait la pêche, il avait plein d’idées pour nous, à commencer par un voyage à Las Vegas, là, dès son retour, pour que l’on se marrie ! Je n’en croyais pas mes oreilles, je ne reconnaissais plus le Y. qui était parti quelques semaines auparavant ! Avec quelle impatience, j’attendais maintenant son retour ; chaque heure, chaque minute qui me séparaient de nos retrouvailles. J’avais tout préparé, rangé la maison, viré les canettes de toutes sortes qui parsemaient le sol, rempli le frigo, passé l’aspirateur. Je me suis rendu à l’aéroport de SF, à l’arrivée de son avion, j’ai du laisser passer tous les passagers, sans le voir. A l’accueil, l’hôtesse a refusé de me dire s’il était dans l’avion ou pas. Je suis rentré seul, sans comprendre. Trois jours après, il était de retour en France. Le service de l’immigration à Boston, l’avait refoulé par le premier avion vers Paris. Ils savaient qu’il ne venait pas pour les vacances ou en visite mais bel et bien pour travailler (on ne va pas aux states sans billet de retour !)
Cette fois-ci, j’étais seul aux USA, seul et pour toujours. C’était clair, qu’il ne pourrait plus avant longtemps revenir.
Tout s’écroulait autour de moi. Les USA, NYC, les freeways, tout ce délire, c’était pour lui, avec lui mais pas sans lui. De quoi j’avais l’air maintenant perdu en Californie, à étanchéifier les terrasses des restos d’Oakland et de Berkeley.

16 janvier 2006


GOwest
L’arrivée à San Francisco par la route de Sacramento avait pour moi quelque chose de magique, de libérateur. Après avoir traversé, les Etats-Unis en quelques jours, seulement retardés par la tempête de neige de Laramie, la descente vers la mer après le passage des cols fut un vrai soulagement. Le climat tempéré, les gens qui de prime abord semblaient si cools, si bien dans leurs baskets, m’enthousiasmait. Y. se renfermait de plus en plus sur lui-même. Notre relation étant plus intuitive que raisonnée, plus passionnée qu’exprimée, je ne savais pas vraiment ce qui se passait en lui.
Y. ne parlait pas, jamais, on pouvait lire dans ses yeux, à travers ses gestes, mais pas par les mots.
Pour ma part, je tournais vite la page New-yorkaise et, déjà regardais l’avenir avec espoir, l’esprit déjà débordant de projets Y. lui, restait silencieux, trop silencieux.
Nous sommes allé voir des amis rencontrés à NYC et qui nous avaient proposés de nous héberger quelque temps.
Le bonheur : une petite maison en bois à Berkeley, des garçons et des filles qui passaient toujours à l’improviste, Le sourire aux lèvres, le joint aussi. Une caricature de la chanson de Le forestier !. Les années hippies n’étaient pas loin et Berkeley était et est sûrement encore plutôt habitées par les étudiants et les professeurs de l’université.
J’étais bien, déjà chez moi, Y. lui, voulait que l’on se trouve rapidement un appartement, comme pour fuir cette effervescence spontanée et bonne enfant des lieux. Peace & love !!
Notre installation à San Francisco n’a pas arrangé les choses. La petite maison louée à Mr & Mrs Aoki des japonais californiens, a été le prétexte pour Y. à s’enfermer totalement. Autant je me sentais dans mon élément avec des amis, des sorties, des découvertes, autant Y. restait cloîtré à la maison dans un mutisme chaque jour plus grand. Tout pourtant nous souriait, nous avions des amis, des voisins sympas et collants comme souvent les américains savent l’être. Très vite aussi, nous avons trouvé à travailler auprès d’un canadien qui nous a appris à faire du « roofing », recouvrir ces toits en terrasse avec des rouleaux de goudrons. Le travail ne manquait pas et était bien rémunéré. Plus je m’épanouissais, plus je me sentais à l’aise, ici à SF, plus Y. creusait la distance entre nous. Il ne me parlait plus ou presque plus, j’attendais la nuit et notre lit pour, à la chaleur de son corps, aux brefs frôlements sous les draps, nous imaginer des conversations, de la tendresse partagée.
Et puis, un matin, il m’a annoncé qu’il avait décidé de rentrer en France, pour voir sa mère. Oh ! Juste quelques jours, un mois tout au plus. Pour moi ce fut tout d’abord un soulagement ; j’avais envie de respirer un peu, ne plus me sentir gêné quand le téléphone sonnait pour nous (et très vite me proposer) des sorties des fêtes. Ne plus à chaque fois dire Y. est fatigué ou Y. n’est pas libre. Et puis a fur et à mesure que la date de son départ approchait, l’angoisse montait, j’avais le pressentiment qu’il ne reviendrait plus, qu’il me quittait. Je me sentais coupable, je ne savais pas de quoi mais cela me rongeait surtout qu’il éludait systématiquement toute tentative de discussion.
Le premier soir après son départ fut terrible, je restais toute la nuit à comater devant la télé et ses multiples séries débiles du fond de la nuit.


Y me hante encore , Y me hante encore 2, Y me hante encore 3
NYC "1" ,NYC "2" ,NYC "3" ,NYC "4" ,NYC "5"



09 janvier 2006

Y. toujours et encore

Lecture ce matin du post de Mike
, excellent comme souvent, mélancolique comme toujours. Bien sûr, après, j’ai pensé à Y. l’amour de ma vie. Y. et notre amitié indéfectible. Y. et à tous ces moments partagés, vécus, inséparables, entremêlés, indissociables. On s’aimait, de cela il n’y à aucun doute. Après avoir compris, douloureusement, que N.Y.C. était trop dure avec nous, que nous n’étions pas fait pour le froid et la cruauté de cette ville que nous aimions tant, qui nous avait tant fait rêvé. Nous sommes allé à Brooklyn pour chercher une voiture qui nous emmènerait vers de nouveaux rêves, un lointain peut être plus accessible.
La dodge coronet station wagon verte nous attendait chez Nathan, un juif de Brooklyn qui nous regardait en biais comme pour chercher à deviner ce qu’il y avait derrière ces deux français dans l’hiver New-yorkais en partance pour nulle part, pressés de surcroît ! Il nous a aidés, sans doute attendrit par ce que nous dégagions, par la désespérance complice de ces deux êtres gauches et un peu tristes. En quelques heures, nous avions une assurance, une plaque minéralogique orange avec New York écrit dessus, 3 chiffres et trois lettres. Il nous a laissé les énormes pneus neige, il savait que, sortis de NYC, la neige tombait partout.
Nous avons quitté notre cellule du YMCA, pris la route vers l’ouest. Traversé le pays, en route vers San Francisco.
Nous étions pressés, nous roulions jour et nuit, presque sans parler, nul besoin d’ailleurs, je/tu étions tout entiers occupés à digérer cet échec New-yorkais, ce rêve américain qui déjà se délitait. Seule la neige nous a freiné, l’arrivée à Cheyenne fut désastreuse, les voitures pare-chocs contre pare-chocs suivaient la déneigeuse. Des heures pour arriver à Laramie, où la tempête de neige faisait rage. Nous avons stoppé dans le premier motel venu, pris d’assaut par les routiers bloqués par la neige. Nous avons passé deux jours ; deux jours enfermés dans cette chambre de motel à regarder la neige tomber, à boire des boissons improbables et manger les hamburgers de la cantine d’en face avec des chauffeurs de camions ventrus à chemises à carreaux. Deux jours à nous retrouver, deux jours pour reconstituer le rêve qui était notre liant. Deux jours et deux nuits, peau contre peau, deux jours l’un pour l’autre.
To be continued
Y me hante encore , Y me hante encore 2
NYC "1" ,NYC "2" ,NYC "3" ,NYC "4" ,NYC "5"



31 octobre 2005

Lepetitappartement.
C’était la première fois que nous faisions quelque chose tous les deux, L. et moi. La première fois que nous partions ainsi pendant plusieurs jours, livrés à nous même et ensemble 24h/24.
L’appartement disposait de deux chambres, il n’était bien entendu pas question de dormir ensemble, je suis sûr que cela ne t’avait même pas effleuré, toi l’hétero de base ; mais moi, bien que mon amour pour toi ne soit pas charnel, que cela soit un amour plus trouble, très fort, fraternel, adolescent, dormir à quelques centimètres de toi, ne me laissait pas indifférent et me troublait ; partager mon intimité avec toi, m’excitait un peu certes mais me gênait bien davantage. J’avais peur de « casser » avec cette intimité quelque peu désirée, une fraternité que j’estimais plus forte que le charnel. Tu étais, tu es mon frère, je te ressens dans ma chair, je t’aime totalement mais même si j’ai envie quelques fois de toucher, même si nous nous touchons de fait comme deux frères peuvent le faire, toute suspicion de trouble charnel casserait à jamais cette tendresse, l’innocence de nos gestes l’un pour l’autre.

30 octobre 2005

NYC 5
En fait j’étais heureux. J’avais loué un petit appartement 44° st. Entre la 5° et la 6°. L. et moi parcourions du matin au soir les rues de Manhattan. Son enthousiasme, son regard sur tout ce que l’on voyait me charmaient. Nous étions en parfaite symbiose, lui, moi, les rues de Manhattan, les gens croisés, rencontrés et toi car, dans ma tête tu étais avec nous.
Je te/lui montrais mes immeubles favoris, les détails que je croyais être le seul à avoir remarqués. Je t’/l’entraînais dans tous mes lieux, tous les endroits de NYC inscrit dans ma mémoire ; mes endroits avec Y. L. ressemble tellement à Y ! Et puis je t’écrivais, je trouvais toujours un moment pour laisser L. seul et pour être avec toi.
Ce matin là, nous étions sur ce porte avion qui sert de musée de l’aéronavale sur les quais de l’Hudson et tu m’as appelé. Nous avons parlé plus d’une heure, de tout, de rien de nous, tout à la joie de nous retrouver. Je ne me souciais même pas du léger crachin qui tombait. Tu avais tourné la page. Tu m’attendais, tu m’aimais. L. de son coté attendait aussi que j’en finisse avec ce satané téléphone et se marrait de voir mon bonheur ainsi inscrit sur mon visage. J’avais les lunettes couvertes de fines gouttelettes de pluie Je l’ai pris par le bras, j’avais besoin de le toucher, de communiquer tactilement au moins un peu de l’amour qui m’envahissait de nouveau.

23 octobre 2005

CALIGULA/GARNIER
Ballet en cinq actes - Argument de Nicolas Le Riche et Guillaume Gallienne -Création -
Musique Antonio Vivaldi Les Quatre SaisonsEdition critique de Paul Everett et Michael TalbotCréation électroacoustique
Louis DandrelChorégraphie Nicolas Le RicheDramaturgie Guillaume GallienneScénographie Daniel JeanneteauVidéo Raymonde CouvreuCostumes Olivier BériotLumières Dominique Bruguière
S’inspirant de l’histoire de cet empereur romain qui incarne dans l’imaginaire collectif un homme en prise avec la dépravation et la mégalomanie, Nicolas Le Riche renverse ces clichés pour explorer l’intimité d’une personnalité plus complexe et plus riche.Le ballet ne tente pas de dire pourquoi Caligula a été assassiné, mais de raconter comment il est allé à la mort. Le sujet n’est pas une réflexion sur le pouvoir et ses déviances : ce n’est pas la fonction de Caligula qui est interrogée, mais l’humanité qui l’habite et dont témoigne son rapport particulier à l’imaginaire.Si la fulgurance de sa vie et de son règne de quatre ans donnent l’impression d’un suicide, Caligula est aussi pour Nicolas Le Riche et Guillaume Gallienne un homme qui a concrétisé ses rêves dans une grande quête de liberté.
Spectacle plutôt décevant. La chorégraphie de Leriche est pauvre, dommage, les danseurs excellents auraient pu faire des merveilles sous les décors superbes; seule la scène de dressage du cheval est superbe. Bien applaudie d'ailleurs.

16 octobre 2005

NewYorkCITY "4"

Réveil au petit matin, l’excitation, cette minuscule cellule avec ses bruits encore nouveaux, ses odeurs inconnues, nous a poussés dehors. La rue ; une lumière blafarde de petit matin sur les gratte-ciels, dont on ne distingue déjà pas, ou pas encore les pointes. Un froid vif d’automne. Où aller ? On allume la première Lucky et on part, les mains dans les poches, le col du blouson retourné à la recherche de Donuts.
Les rues s’animent, on regarde, o ne se lasse pas de regarder, les gens : moches, gros, beaux quelques fois ; les voitures, les distributeurs de journaux, la fumée qui sort du trottoir. On n’échange que de rares mots, tout entiers absorbés par cette découverte. La journée passera ainsi, des kilomètres parcourus au fil des rues, des avenues. Pas de photos, trop tôt.
Et puis, le Manhattan du travail laisse la place au Manhattan de la nuit. Les gens changent, les fringues sont plus colorées, les gobelets de café ont laissé la place aux canettes de bière cachées dans des sachets de papier. Les sirènes de police sont plus nombreuses ; une tension de plus en plus perceptible se fait sentir. Nous descendons vers le Bowery, haut lieu de la scène New-yorkaise de ces années là. Niddle park n’est pas loin ; les dealers sont chez eux, on nous propose du speed que nous avalons en quantité sans même nous préoccuper de la qualité.
Le CBGB est proche, Patti chante ce soir. La nuit commence, la première ; nous sommes déjà bien allumés. Il faut que le rêve devienne réalité. De bars en bars, nous nous mélangeons avec la faune du quartier, le rock est partout, dans les bars, dans les parcs et les rues. Il se mêle encore à la poésie, Radio Ethiopia est encore dans les esprits. Le speed, les clopes, la bière et le bourbon se mélangent bien, nous nous sentons dès cette première nuit comme d’ici. NYC enfin nous appartient ; pour parachever ce triomphe, nous partons vers Coney Island voir le petit matin se lever. Hommage à Lou Reed.
Y. frigorifié sur les planches de ce champ de foire lugubre et abandonné, le bonheur est absolu. Je l’aime plus que tout; amour entier, fusionnel. On pourrait faire un arrêt sur image éternel de cet instant ou en faire notre dernier, je m’en fous, nous sommes les plus heureux des hommes.

NYC "1" ,NYC "2" ,NYC "3"


10 octobre 2005

Torch song trilogy
Matinée théatrale, juste après une visite un peu rapide de la FIAC. Pièce "culte" off broadway, vite passée "on broadway" puis film culte de Harvey Fierstein avec Harvey Fierstein.
Dôle, emouvant, terriblement juif new yorkais.
la reprise parisienne est excellente, les acteurs font des prouesses, sur la scène d'un petit théatre parisien.

08 octobre 2005


Y. me hante encore 2.

Nous étions inséparables. Des journées et des nuits de glande à refaire le monde ; des heures aux terrasses des cafés, dans des appartements enfumés des bas quartiers. Lou Reed à fond sur la platine, des joints qui tournent et nous, faisant et refaisant le monde en attendant la nuit, puis l’heure d’ouverture des boîtes, puis le petit matin. Et puis l’héro entra dans notre vie. La première fois, c’était par curiosité : “I’m waiting for my man, 26$ in my hand .....“. La petite cuillère que l’on tord, la poudre brune, la petite seringue que l’on remplit en prenant bien garde de ne laisser aucune place à l’air. On tapote, pour faire partir les dernières bulles, et, le garrot serré, on s’apprête à injecter le produit dans sa veine.

I don’t know just where I’m going
But I’m goin’ to try for the kingdom
if I can’cause it makes me feel like I’m a man
When I put a spike into my vein
Then I tell you things aren’t quite the same
When I’m rushing on my run
And I feel just like jesus’ son
And I guess I just don’t know
And I guess that I just don’t knowI have made very big decision
I’m goin’ to try to nullify my life’cause when the blood begins to flow
When it shoots up the dropper’s neck
When I’m closing in on death......”
Cette première fois, nous nous sommes aidés mutuellement à nous piquer. Cette première fois seulement car il y en eu plein d’autres. De l’héroïne, de la morphine, du palfium, tout ce qui permettait de planer ensemble.
La nuit, bourrés d’alcool et d’amphétamines, nous allions danser toute la nuit dans les boîtes punk de la costa brava, moins chères, plus chaudes, plus déglinguées que les nôtres. Au petit matin, on s’endormait ensemble, souvent même pas déshabillés.
Je l’aimais, lui disait. Lui, le regard, toujours au loin, ne disait rien ; jamais, jamais, il n’a prononcé ces paroles toujours attendues.
La drogue peu à peu nous gagnait. Il fallait toujours plus d’argent, cela devenait une obsession. Les docks. Nous avons planté la tente à Collioure, et, avec sa Moto-Guzzi California, nous allions tous les matins aux aurores, attendre des vacations sur le port de Port Vendres pour décharger des bateaux de marchandises. Des sacs et des sacs de produits chimiques, de patates, de ciment. Le soir, extenués, nous retournions au camping, nous défoncer tristement. Un soir, après avoir obtenu nos doses avec beaucoup de difficultés, nous nous sommes une nouvelle fois shootés. C’était de la merde, nous étions à bout de nerfs ; cette vie merdique nous pesait. La gloire était loin, on ne voyait plus personne, dux débrits, sous une tente minable, dans un camping en automne ; pour quoi faire ? Alors nous nous sommes violemment disputés, battu. Epuisés, dégouttés de voir enfin, où nous étions rendus, nous nous sommes enlacés en larmes nous promettant de ne plus toucher à cette saloperie, cette merde qui nous séparait.
Nous sommes lentement revenus à la vie. Seul ce virus en nous, ce virus qui nous marque et nous lie à jamais, nous rappelle ce que nous fûmes.

04 octobre 2005

Y. me hante encore

Y. mon premier, mon tout premier. Pas de corps, ça j’avais connu bien avant, mais d’esprit. Nous avons passé ensemble les années cruciales de notre existence. Celles où l’on se modèle, les années danger.
Je ne savais pas encore ce que j’étais. Pas vraiment asexué, non, mais pas fixé du tout. J’avais déjà connu des mecs, des filles aussi ; mais en cette période, dans notre " tribu", à 18 ans, le sexe, la défonce, faisaient partie de nos dépassements. Y. était à part, un charme fou, lointain. C’était l’artiste. Il savait tout faire ; ses silences captivaient, ses longues tirades faisaient taire les autres. Quand il écrivait, c’était bien, quand il dessinait c’était bien. Il faisait et défaisait les amitiés. On ne lui connaissait aucun amour. Grand, brun, presque maigre ; c’était moi en mieux. Nous nous sommes reconnus dès le premier instant. Au premier regard, nous avons compris l’un et l’autre ce que nous pouvions faire ensemble. Du haut de notre ego, nous avons immédiatement régné sur la tribu. Inaccessibles, encore plus inaccessibles, les filles et les mecs rêvaient de nous avoir. Nous allions de fêtes en fêtes, créant chaque jour le mythe. Oh! un mythe limité certes à notre tribu, mais cela suffisait à remplir un peu le mal être de cette période où l’angoisse du devenir grandit peu à peu. Un amour comme celui là vous digère tout entier, engloutit tout peu à peu et porte en son sein, les germes de sa destruction. Forcèment. Trop fort, étouffant, tellement fusionnel. Bien sûr un jour il fallut nous séparer, violemment, définitivement, douloureusement.
J’en porte encore, après tant d’années les traces; quelques fois il est dans mes rêves, tel qu’il était à l’époque, pas tel qu’il est maintenant.
Et puis, comme aujourd’hui, il m’arrive, de croiser un regard, un sourire, un nez, une allure qui me le rappelle furieusement. Alors je le retrouve.

Depuis, nous nous sommes croisés que 2 ou 3 fois, il est marié à deux enfants. Nous évitons ces moments.
Nous portons l’un et l’autre ce même virus, souvenir caché et fusionnel, tatouage passionnel de notre jeunesse.