31 août 2020

un léger goût salé



Un après midi après l'entraînement, je m'étais affalé, courbé en deux, sur un des bancs des vestiaires, fesses nues sur le bois brut, après avoir jeté dans un coin mes vêtements mouillés.
Trop fatigué pour percevoir les carreaux entre mes pieds. J'entendais seulement le ruissellement de l'eau sur David, d'abord de très loin, puis de plus en plus près comme s'il se rapprochait de moi en même temps que la douche.
Je levai la tête et l'appuyais sur mes mains. David m'apparut dans un brouillard d'eau et de vapeur.
 Les boucles noires qui tombaient
sur son front et le long de ses oreilles et à travers lesquelles l'eau coulait en serpentant. Ses sourcils, son front large et son menton lourd, ses lèvres épaisses et nerveuses. Son nez fier, flanqué d'yeux qui regardaient toujours avec ironie, sauf maintenant, dans ce moment imaginaire entre le rêve et la réalité. Ses épaules et l'ombre de ses muscles sur sa poitrine et dans ses bras. Son ventre qui n'était pas plat mais un peu bombé – il allait prendre de l'embonpoint quand il s'arrêterait de faire du sport et il en rirait, ça ne lui ferait ni chaud ni froid. Des jambes solides avec des muscles qui lui faisaient devant comme un bouclier, et entre le ventre et les jambes, encore couvert de savon, entouré de poils noirs qui montaient, sur une ligne, presque jusqu'à sa poitrine, son sexe e brun terminé par un bout rose.
Il s'étira et me regarda. Clin d'œil. " Allons, secoue-toi, viens!"

Je redressai péniblement mon corps raide comme un manche à balai, dont je sentais chacun des muscles longs et durs. Ne l'avais-je donc jamais aussi bien vu?
Il me fit de la place. Nous nous frôlâmes presque. De si près je pouvais voir le duvet noir sur sa peau.
Bien sûr que je ne l'avais jamais bien vu. Il était toujours assis derrière moi. Pendant toutes les heures que nous passions ensemble, je ne pouvais
que le sentir…..
H.M.van den Brink

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