Affichage des articles dont le libellé est poésie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est poésie. Afficher tous les articles

13 février 2021

Corps et biens



J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m'est chère?
J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
En étreignant ton ombre
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.
J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
Sans doute que je m'éveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie
Et de l'amour et toi, la seule
qui compte aujourd'hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.
J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'a être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l'ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.
Robert Desnos, "Corps et biens".


06 novembre 2020

je ne pense qu'a lui.... **


Quand tout devient silence, Lorsque le jour est fini, 
Que mes rêves commencent Alors je pense à lui 
Je pense à lui 
Avant de dormir 
Je rêve à tout ce qu'il m'a dit
A tout ce qu'il va me dire
Et je revois aussi
Combien ses yeux 
Me regardaient d'un air heureux Chaque fois qu'il disait "Je t'aime".
J'étais dans ses bras 
Et rien ne comptait plus 
Non, plus rien autour de moi 
Tous deux seuls dans la rue 
Je pense à lui 
Et quand je m'endors 
Dans tous mes rêves de la nuit 
C'est lui que je revois 
Lui encore 
Et quand la nuit s'achève, 
Qu'à nouveau le soleil luit, Je continue mon rêve 
En ne pensant qu'à lui Lui encore 
C'est lui que je revois.






01 novembre 2020

la douche **




Tous les deux dans la douche

Nous chantons sous la pluie
Qui sur nos corps frémit
Et danse sur nos bouches

Mes mains cueillent tes fesses
Fruits charnus de ton arbre
Ma langue les caresse
Mon sexe devient marbre


Ô la douce chaleur

Ô ta peau satinée
Je suis le ramoneur
Ouvre ta cheminée

Je cogne sur ta raie
Je recherche l'entrée
Ta main vient me guider
Vers le couloir secret


Tu écartes les cuisses

Tu m'introduis en toi
Ma queue raide se glisse
En ton fourreau étroit

Et voilà, que tu danses
Tu frétilles des fesses
Comme un homme en transe
Emporté par l'ivresse


Soudain mes couilles fermes

Se contractent et envoient
Une giclée de sperme
Dans ton cul en émoi


Attends ma peu farouche
Je sens bien que tu mouilles
Non ce n'est pas la douche

Je viens! Je m'agenouille!




22 août 2020

Hombres


Et tu te réjouis, petit,

Car voici que ta belle gourle

Jalouse aussi d’avoir son rôle,

Vite, vite, gonfle, grandit, Raidit... 
Ciel ! la goutte, la perle

Avant-courrière vient briller

Au méat rose : l’avaler,

Moi, je le dois, puisque déferle 
Le mien de flux, or c'est mon lot
De faire tôt d'avoir aux lèvres
Ton gland chéri tout lourd de fièvres
Qu'il décharge en un royal flot










12 août 2020

Le tatouage

 
S'il  le suit, il le fuit
S'il le fuit, il le suit
c'est ainsi, c'est inscrit
fait d'amour et de cris
je n'essaie pas de dire que j'avais raison
je n'admettrai pas que j'avais tort
tu cherches à me fuir, à tort ou à raison
je t'aime encore
les sangs se glacent, mais la peur y est
c'est la même menace, jamais la pensée
et ce tatouage bleu témoigne de nos amours
et ce tatouage bleu est sur nos coeurs pour toujours
nous sommes liés à jamais nous sommes liés à jamais
séparation des biens, mais résistance des corps
pourtant moi je sais bien qui s'aime encore
à quoi bon te retenir au sein de nos prisons
puisque j'irai là ou te conduit le sort
tu cherches à me fuir, à tort ou à raison
je t'aime encore le feu résiste, les souvenirs aussi
cette exquise esquisse lie à jamais nos vies
et ce tatouage bleu témoigne de nos amours
et ce tatouage bleu est sur nos coeurs pour toujours
je t'ai donné ma vie, j'ai marché sur du verre
j'ai quitté mon pays pour ton univers
et ce tatouage bleu témoigne de nos amours
et ce tatouage bleu est sur nos corps pour toujours
et ce tatouage bleu témoigne de nos amours
nous sommes liés à jamais
nous sommes liés à jamais
quelque chose les lie, ça se lit dans leurs yeux
jusqu'à l'infini de leurs tatouages bleus

17 avril 2020

covid (36) far rniente

Les rêves de confort envahissent l’esprit
Sans le moindre remords, nous pensons au repos !
De la peine au travail nous aimons le répit,
Divaguant, évasifs, allongés sur le dos.

Et la mer berce ici notre corps détendu,
Octroie par les vagues la douceur infinie
Qui mécontente en vain l’ouragan éperdu !
Sa puissance obsédée, le vent absent la nie.

L’écume nous salue en ornant l’océan.
Dans le calme et la paix, Neptune est fainéant !

12 décembre 2018

Mecs de passage


Quelques fois, je vous aime. Quelques fois alors, j’aimerais vous garder, garder l’odeur de votre corps, le grain de votre peau, ancré au plus profond de ma mémoire. Archives délicieuses, archives sensuelles. Un jour, jamais peut être, j’irais en recherche de ces fichiers secrets : 22 avril 2008, N°234AB, et tout reviendrait. Des regards, arrêts sur image parmi ceux qui comptent.
Le regard du premier geste vers le corps que l’on ne connaît pas encore, le regard de l’abandon, quand on crie, quand on donnerait tout pour que cela s’arrête, tout pour que cela dure. Et puis des textures, douces et translucides sous les aisselles, granuleuses ici où là sur les bras, si douces enfin au creux des reins. Mais la mémoire humaine n’est pas un disque dur et s’émousse au fil du temps. Alors quelques fois, pour un regard, pour un geste, un sourire aussi, j’aime à garder une image de vous, une simple photo conservée ou pas:
Toi pour ta façon bizarre de te déshabiller, en commençant par le bas et toi pour la cigarette après l’amour et pour ton corps si sec, pour tes grains de beauté allant par deux.
Pourtant, ce sont vos odeurs que j’aimerais conserver. Un ou plusieurs flacons pour chacun d’entre vous. Ces odeurs qui resteraient au fil des ans précises, inaltérées. Témoins des heures passées : sueurs, un zeste de fumée, une goutte d’urine restée là. Plus que toute image, c’est avec ces senteurs enfermées que je reconnaîtrais un amant oublié, c’est avec ces effluves que je saurais me souvenir, de l’abandon, des cris, de la passion ou de l’ennui.



Parfois on trouve un vieux flacon qui se souvient,
D'où jaillit toute vive une âme qui revient.

Mille pensées dormaient, chrysalides funèbres,
Frémissant doucement dans les lourdes ténèbres,
Qui dégagent leur aile et prennent leur essor,
Teintés d'azur, glacés de rose, lamés d'or.

Voilà le souvenir enivrant qui voltige
Dans l'air troublé; les yeux se ferment; le Vertige
Saisit l'âme vaincue et la pousse à deux mains
Vers un gouffre obscurci de miasmes humains;
Baudelaire

01 avril 2016

ton cul





je l'écarte
et de ma langue humide
je le prépare
il est magnifique
un trou parfumé que j'explore
c'est si doux
tu en demandes encore
ta rondelle
est toute humide
tes fesses sublimes
je les respire
  j’enfonce mon doigt
tout doucement
et quand tu es prêt
j'enfonce ma queue
un va et vient
nous gémissons à l'unisson..........
tu mouilles comme
jamais
elle est au fond c'est délicieux........
  bientôt j’inonderai ton trou
du cul: 
merveilleux endroit

je t'aime
doux amour..........
​
 


06 février 2016

Vestiaire **

Vestiaire

C’était un jour de juillet, merveilleusement ensoleillé.
Le match terminé, je ceignis d’un tissu
imbibé d’eau ton front en sueur :
tes longs cheveux noirs et frisaient par-dessus.
(Ce tissu ressemblait à l’antique bandeau des vainqueurs).
Et pendant que tu me racontais et jetais
à terre ton maillot rouge et humecté ;
moi, je soignais une blessure que tu avais au genou,
et parce qu’elle saignait encore, je lui appliquais mes lèvres
et ma langue. Je ne sais ce que tu m’as dit, en souriant.
Le sang et la sueur ne furent jamais aussi doux.

Vesturario

Era un día de julio, de sol maravilloso.
Acabado el partido, ceñí con una tela
empapada en agua tu frente sudorosa :
El largo cabello negro se te rizaba encima.
(Parecía la cinta antigua de los vencedores).
Y mientras me narrabgas, y arrojabas
al suelo la roja camiseta humedecida,
curaba yo un rasguño en tu rodilla,
y pues aún sangraba, le apliqué los labios
y la lengua. No sé qué me dijiste, sonriendo.
La sangre y el sudor nunca fueron tan dulces.

Luis Antonio de Villena, Poesía 1970-1984, Visor de Poesía, 1988, p. 236.
3126

05 avril 2014

un petit bosquet, là tout près

Montrez-moi votre cul jeune-homme
Il est plus tentant que la pomme
Que Dieu créa afin qu'Adam
L'admire et la cueille des dents

Qu'ils sont dorés vos hémisphères
Avec ce trou en leur milieu
Ce petit trou plein de mystère
Qui aimante et durcit ma queue

Je veux le goûter de mes lèvres
Et le mouiller de mon désir
Je veux y promener ma fièvre
Avant-coureuse du plaisir

J'écarte vos moitiés de lune
Et je caresse l'autre et l'une
Avant de pénétrer joyeux
Dans le passage ombré soyeux

Vous bougez votre cul jeune homme
Je vois à votre amour du jeu
Que je ne suis pas le seul homme
A honorer votre Saint-Lieu


25 février 2014

soleil



Soleil 
Pierre Reverdy

Quelqu’un vient de partir
Dans la chambre
Il reste un soupir
La vie déserte

La rue
Et la fenêtre ouverte

Un rayon de soleil
Sur la pelouse verte.

24 février 2014

please don't, please stop





 Je suis ta main, à défaut d'autre chose, 
je suis ta main qui parcoure tes fesses charnues, les malaxent et les frottent.
Je suis ta main, à défaut d'autre chose qui s'insinue délicatement entre elles. 
Je suis ta main, à défaut d'autre chose qui voudrait caresser les petites noisettes qui pendent entre tes cuisses. 
Si près, si loin.
Je suis celui, à défaut d'autre chose qui t'admire sous la douche, si près si loin,
Je suis celui qui  s'émeut et qui se trouble,
Je suis celui, à défaut d'autre chose qui se retourne; 
martyre des sens, si près si loin.

deshabillez(moi....vous)

Déshabillez-moi, déshabillez-moi
Oui, mais pas tout de suite, pas trop vite
Sachez me convoiter, me désirer, me captiver
Déshabillez-moi, déshabillez-moi
Mais ne soyez pas comme, tous les hommes, trop pressés.
Et d'abord, le regard
Tout le temps de prélude
Ne doit pas être rude, ni hagard
Dévorez-moi des yeux
Mais avec retenue
Pour que je m'habitue, peu à peu...




Déshabillez-moi, déshabillez-moi

Oui, mais pas tout de suite, pas trop vite
Sachez m’hypnotiser, m'envelopper, me capturer
Déshabillez-moi, déshabillez-moi
Avec délicatesse, en souplesse, et doigté
Choisissez bien les mots
Dirigez bien vos gestes
Ni trop lents, ni trop lestes, sur ma peau
Voilà ça y'est, je suis
Frémissante et offerte
De votre main experte, allez-y...










Déshabillez-moi, déshabillez-moi
Maintenant tout de suite, allez vite
Sachez me posséder, me consommer, me consumer
Déshabillez-moi, déshabillez-moi
Conduisez-vous en homme
Soyez l'homme... Agissez!
Déshabillez-moi, déshabillez-moi

Et vous... déshabillez-vous!

23 février 2014

Fleurs des champs

Voici la saison fraîche et rose
Où, se levant dans un ciel pur,
Le soleil jeune et blond arrose
Les pâleurs moites de l’azur.

L’Hiver, accroupi dans la pose
D’un vieux mendiant contre un mur,
Grelotte à l’Occident morose
Que remplit un brouillard obscur,

Mais, se déroulant comme une onde,
Une large lumière inonde
L’Orient vague et radieux.

Que les rimeurs de pastorales
Alternent en stances égales
Les gloires des fleurs et des cieux ;

Moi, je chante un hymne candide
A l’amour dont l’aurore humide
Se lève et grandit dans tes yeux. 

30 décembre 2013

sublimes ourlets


L'idole, sonnet du trou du cul (A. Rimbaud & P. Verlaine

Obscur et froncé comme un œillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d’amour qui suit la fuite douce
Des Fesses blanches jusqu’au cœur de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne rousse
Pour s’aller perdre où la pente les appelait.

Mon Rêve s’aboucha souvent à sa ventouse ;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C’est l’olive pâmée, et la flûte câline,
C’est le tube où descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !





16 décembre 2013

Fierté masculine **

 



Mes couilles, dit-il, mes couilles, les femmes elles avancent bien en présentant les nichons, elles paradent avec, les femmes, mes couilles j'ai bien le droit de les offrir, de les mettre en avant, et même, mes couilles de les présenter sur un plateau.
Journal du Voleur (1949)
Citations de Jean Genet





















13 décembre 2013

Tendresse


La tendresse
C´est quelquefois ne plus s´aimer mais être heureux
De se trouver à nouveau deux
C´est refaire pour quelques instants un monde en bleu
Avec le cœur au bord des yeux
La tendresse, la tendresse, la tendresse,
La tendresse.
La tendresse
C´est quand on peut se pardonner sans réfléchir
Sans un regret sans rien se dire
C´est quand on veut se séparer sans se maudire
Sans rien casser, sans rien détruire
La tendresse, la tendresse, la tendresse,
La tendresse.
La tendresse
C´est un geste, un mot, un sourire quand on oublie
Que tous les deux on a grandi
C´est quand je veux te dire je t´aime et que j´oublie
Qu´un jour ou l´autre l´amour finit
La tendresse, la tendresse, la tendresse,
La tendresse.
La tendresse, la tendresse, la tendresse,
La tendresse.

26 août 2013

mon homme

mon homme

Sur cette terr', ma seul' joie, mon seul bonheur
C'est mon homme.
J'ai donné tout c'que j'ai, mon amour et tout mon cœur
À mon homme
Et même la nuit,
Quand je rêve, c'est de lui,
De mon homme.
Ce n'est pas qu'il est beau, qu'il est riche ni costaud
Mais je l'aime, c'est idiot,
I'm'fout des coups
I'm'prend mes sous,
Je suis à bout
Mais malgré tout
Que voulez-vous

Je l'ai tell'ment dans la peau
Qu'j'en d'viens marteau,
Dès qu'il s'approch' c'est fini
Je suis à lui
Quand ses yeux sur moi se posent
Ça me rend tout' chose
Je l'ai tell'ment dans la peau
Qu'au moindre mot
I'm'f'rait faire n'importe quoi
J'tuerais, ma foi
J'sens qu'il me rendrait infâme
Mais je n'suis qu'un' femme
Et, j'l'ai tell'ment dans la peau ...

Pour le quitter c'est fou ce que m'ont offert
D'autres hommes.
Entre nous, voyez-vous ils ne valent pas très cher
Tous les hommes
La femm' à vrai dir'
N'est faite que pour souffrir
Par les hommes.
Dans les bals, j'ai couru, afin d'l'oublier j'ai bu
Rien à faire, j'ai pas pu
Quand i'm'dit : "Viens"
J'suis comme un chien
Y a pas moyen
C'est comme un lien
Qui me retient.

Je l'ai tell'ment dans la peau
Qu'j'en suis dingo.
Que cell' qui n'a pas aussi
Connu ceci
Ose venir la première
Me j'ter la pierre.
En avoir un dans la peau
C'est l'pir' des maux
Mais c'est connaître l'amour
Sous son vrai jour
Et j'dis qu'il faut qu'on pardonne
Quand un' femme se donne
À l'homm' qu'elle a dans la peau ...




29 juillet 2013

Saint Sébastien

Mais comme il est beau !
Il est trop beau. Je veux qu'il chante,
qu'il chante son extrême chant,
tel le cygne hyperboréen
…………………………
Car il est beau !

L'empereur murmure, n'en pouvant plus :

Sois un dieu. Je te ferai dieu.
Tu auras des statues, des temples.
Je t'aimerai.
……………..
Je veux appeler de ton nom
la plus lointaine des étoiles,
ou la plus proche.
Comme il est beau ! comme il est beau ! (hurlent alors les femmes de Byblos)
……………………..
Il se meurt, le bel Adonis !
Il est mort, le bel Adonis !

L'empereur bondit, ivre de prodige, de songe et de création. Entre ciel et terre, il combat, supplie, perd le sentiment :

Il est un dieu ! il est un dieu !
Tu es un dieu ! Je te fais dieu,
moi, le Maître de l'Univers.

Il évoque le sort d'Antinoüs :

Tout est licite à l'Empereur.
Hadrien a déifié
le Jeune Homme de Bithynie
à la bouche mélancolique
Je veux te consacrer un temple.

Il lui promet le triomphe des triomphes :

Tu vas, cette nuit, apparaître
aux yeux du peuple, dans les rues
……………………………
parmi la clameur des cohortes,
au milieu de torches nombreuses
comme mes désirs, sur un char
traîné par des éléphants blancs,
si haut qu'on abattra les Arcs
de Triomphe sur ton passage,
on ouvrira dans les murailles
des brèches pour que tu n'inclines
point ta tiare.

Les promesses de Dioclétien deviennent délirantes, démentielles, mais sublimes, grâce à d'Annunzio. Il le supplie d'accepter la Victoire :

……………………..
tu es dieu, tu es César,
tu es Prince de la Jeunesse :
tu as la puissance et la joie,
la merveille tissée des songes
pour vêtir ton corps ambigu,
les perles et le laurier-rose
par tes tempes étincelantes.
Tu auras tout, tu auras tout.
Je te donnerai les butins
de mon Asie profonde et chaude
………………………
Tu feras
verser du sang, fonder des villes,
ployer des rois, sécher des mers,
surgir des aurores
inconnues du fond des douleurs
inexpugnables. Tu auras.
Le monde tremblant dans le creux
de ta main comme l'alouette
dans le sillon avant le jour.

L'empereur croit à la conversion, in extremis, de son cher officier mais c'est le Galiléen qui l'emporte...

La nuit vient.
L'entends-tu ? La nuit rugit comme
une lionne, déchirant
les rets de ses nuages noirs.
La Louve a peur.

Mort, Sébastien séduit encore l'empereur, dont l'esprit s'obscurcit. Vaincu, exténué, plus mort que sa victime, Dioclétien ordonne encore, d'une lèvre incertaine, et dans son invincible tendresse pour le sacrifié :

Etouffez-le sous les couronnes,
étouffez-le sous les colliers,
sous les fleurs, l'or et la musique,
sous les désirs, l'or et les plaintes,
car il est beau.
Et le chœur syriaque gémit :
Il descend vers les Noires Portes.
Tout ce qui est beau, l'Hadès morne
l'emporte. Renversez les torches !
Eros ! Pleurez !

18 juillet 2013

doux glooglous matinaux



Vroum vroum me voici rose zing,

Avion fantôme wouh wouh,
Aéroplane vieux coucou,
L'altimètre se déglingue.
C'est à peine si je distingue les balises du terrain mou,
Ou je me pose en casse-cou,
J'alanguis dans la nuit buccale,
Je vais transiter un coup,
Serais je chez les cannibales?
Une haleine de peppermint
M'envahit le cockpit, ding-ding,
Je me sens vibrer la carlingue, se dresser mon manche à balou
Dans la tour de contrôle en bout de piste,
Une voix anale me fait glou glou,
Je vous reçois cinq sur cinq,
Mais qu'est ce que c'est que ce trou perdu,
Suis je en pays zoulou,
Mais non voyons suis je dingue,
Je suis à Marlou.