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29 février 2024

voyage avec pote(s)


C’était la première fois que nous faisions quelque chose tous les deux, L. et moi. La première fois que nous partions ainsi pendant plusieurs jours, livrés à nous même et ensemble 24h/24.
L’appartement disposait de deux chambres, il n’était bien entendu pas question de dormir ensemble, je suis sûr que cela ne t’avait même pas effleuré, toi l’hétéro de base ; mais moi, bien que mon amour pour toi ne soit pas charnel, que cela soit un amour plus trouble, très fort, fraternel, adolescent, dormir à quelques centimètres de toi, ne me laissait pas indifférent et me troublait ; partager mon intimité avec toi, m’excitait un peu certes mais me gênait bien davantage. J’avais peur de « casser » avec cette intimité quelque peu désirée, une fraternité que j’estimais plus forte que le charnel. Tu étais, tu es mon frère, je te ressens dans ma chair, je t’aime totalement mais même si j’ai envie quelques fois de toucher, même si nous nous touchons de fait comme deux frères peuvent le faire, toute suspicion de trouble charnel casserait à jamais cette tendresse, l’innocence de nos gestes l’un pour l’autre.
Mais ce soir je n'y tenais plus. Te voir, te croiser ainsi dans ce petit appartement new-yorkais, te baladant quelques fois dans le plus simple appareil. T'apercevant d'autres fois la nuit en allant pisser, dans la semi obscurité de la pièce , les draps du lit rejetés et toi nu sur le ventre les fesses "offertes ou sur le dos,  le sexe à moitié bandé... 
ces images rêvées ou vécues s'imprimaient dans mes pensées et m’empêchaient de dormir. il fallait à tout prix relâcher la pression, libérer les hormones et oublier tout cela pour le bien de notre amitié. Ce soir là donc, je suis allé dans la salle de bains prendre une douche bien froide et surtout me branler sauvagement.. et c'est là que tu es apparu, nu comme d'hab et moi la queue dressée entre mes mains fievreuses Dieu que j'ai du avoir l'air con! Mais tu as souris, bandé un peu (si, si) tu t'es approché de moi, posé ta main sur mon épaule d'un geste d'amitié et de tendresse et tu as simplement dit - viens allons dormir-.
Ce soir nous avons dormi dans le même lit, l'un contre l'autre. en amis. Même si dans mes rêves cela s'est passé autrement.....




15 avril 2021

L. est venu , L. est parti 9810

L. est venu, comme l'année passée et comme je l'espère, l'année prochaine. Il est venu avec son fils que j'ai plaisir à voir grandir, comme un oncle sans enfant aime à accompagner ses neveux.
Notre amitié maintenant bien solide, est devenue un pilier de mon existence. Un pilier essentiel. Je pense, je sais que c'est réciproque. Nous avons je crois dépassé enfin, le clivage éternel des amitiés hétéro-homo. Nous nous aimons d'une amitié fusionnelle, unique, fraternelle. La confiance est là. Réelle, indispensable.
Elle permet maintenant le contact physique.
Sans ambiguïté mais d'une intimité presque amoureuse. Il en a besoin, à l'évidence mais sans concession à ses choix sexuels. C'est de la tendresse: une main dans la chevelure, des siestes enlacés, des caresses quelques fois intimes.
On se dit tout et les confidences amoureuses sont une partie essentielle, indispensable à notre équilibre amical. Se raconter nos ébats, c'est sans doute comme les partager, les vivre virtuellement. Mais, un certain été,  tout failli être gâché,  détruit. Et si nous sommes toujours si proches c'est finalement la preuve de la force de notre amitié 
Cet après-midi là,  nous l'avions passé à nous balader à pied le long de la côte. Des heures à discuter,  rigoler et se chamailler comme des ados que nous n'étions pourtant plus.  Aux heures chaudes,  nous nous étions  rapprochés de la plage qui était pratiquement déserte à cette heure là. Cela devait être une plage naturiste car les rares baigneurs présents étaient tous nus. 
Nous fîmes de même et nous nous jetâmes en hurlant de rire dans l'eau fraîche. 
Ce ne fut que bousculades, tentatives de noyades, culbutes.  Bien sûr, ce furent des moments superbes mais ces longues minutes de corps à corps, nus tous les deux,  ces multiples frôlements, me mirent légèrement mal à l'aise. A mon corps défendant, Il y avait du désir en moi et je craignais par dessus tout qu'il s'en aperçoive,  que cela brise notre amitié. Le pire moment fut lorsque,  monté sur mes épaules pour plonger, sa queue  ses couilles reposaient sur mon crane et vice-versa d'ailleurs !
Rentrés à la maison de location,  nous trouvâmes sur la table de la cuisine,  un petit mot du reste de la bande:
On vous a attendus longtemps puis on est partis en ville se balader, retrouvez nous au resto ce soir, 21h.
- Cool! Dit-il,  on aura été tranquilles tout l'après-midi ! On va se doucher ?
Nous rejoignîmes nos chambres à  l'étage.  A peine arrivé dans la mienne,  il déboula me demandant :
- Passe-moi un boxer,  j'en ai plus aucun de propre. 
Et, sans attendre ma réponse,  il alla fouiller dans mon armoire,
- Ouah ! C'est quoi ce truc, hurla t'il  en riant et agitant devant mon nez un jockstrap.  Humm! Sexy, le mec ! t'en à d'autres des comme ça ?! Dit-il  rigolard se replongeant dans mes sous-vêtements. 
- Arrête ! Fait pas chier,  prend un boxer et fous le camp, hurlai-je  rigolard aussi en me précipitant sur lui. 

C'est ainsi que dans un énorme fou rire,  nous nous retrouvâmes sur mon lit nous bagarrant, lui pour m'empêcher de reprendre mon jock et moi pour lui arracher. Il était plus costaud que moi et après quelques minutes de lutte et de roulades sur le lit, il m'immobilisa sur le dos tout en me mettant mon jock sous le nez. Essoufflé l'un et l'autre nous restâmes quelques instants ainsi sans bouger, visage contre visage,  yeux dans les yeux.  Soudain, les sourires se figèrent,
 Et cela arriva. Il approcha sa bouche de la mienne encore recouverte par le jock qu'il écarta et il m'embrassa. Un baiser léger, encore timide puis nos bouches s'unirent , s'ouvrirent et nos langues se mêlèrent.
Quand il releva la tête,  il souriait content de lui,  assumant pleinement.  Moi, moi, je n'en menait pas large. Il me libéra une main, pour aller me palper la braguette de mon short, 
- Hey! C'est que tu bandes mon cochon !...
Je l'imitai et fit de même avec la main qu'il venait de me libérer 
- Et ça,  c'est quoi,  dis-je en lui tâtant la verge à travers le tissu du short,  c'est bien dur aussi! Bizarre pour un hétéro! retorquai-je.
Ses lèvres se reposèrent sur les miennes puis il se leva et se retourna. Son visage était juste au dessus de mon bassin, 
- Voyons voir ce qu'il y a la dessous dit-il d'une voix rauque. 
Un bouton, une fermeture éclair qui descend doucement,
- belle bosse, dit-il en caressant le coton de mon boxer....
Il en souleva alors doucement,  la ceinture  laissant ma verge libre de se déployer. 
- Tu fais quoi là,  L. Tu sais où tu vas? Tu sais où ça nous mène ?
- Et pourquoi pas ? Fut sa seule réponse. 

Il posa un baiser sur mon gland à moitié découvert,  me décalotta complètement,  souleva ma queue et la goba. 
Je cédai  et me laissai transporter, vaincu par le désir. Caressant son dos sous la chemise, mes mains partaient à la découverte de son corps.
Il lâcha mon sexe se redressa, ôta sa chemise, me débarrassa de mon short et de mon boxer et tandis qu'il finit de se dévêtir,  jetant son short et son slip à l'autre bout de la pièce,  je quittai mon tee-shirt. 
Nous étions nus, face à face. Verges dressées l'une contre l'autre.
Ce fut le corps à corps , enflammé,  violent,  désordonné.  Comme s'ils n'attendaient que cela depuis trop longtemps.  Je humai, me délectai de sa queue , longue, fine, lisse contrastant avec la mienne épaisse, longue,  veineuse qu'il suçait avidement dans un violent 69.
Je chérissai ses couilles longues et flasques et m'aventurai bientôt entre ses fesses glabres découvrant un profond sillon velu et humide ; j'y glissai mon visage. Déjà ma langue  cherchait son oeillet.  


Il aimait, il aimait tellement qu'il s'interrompit , tout à la découverte de ce  nouveau plaisir. 
Il se dégagea soudain, approcha son visage du mien et les yeux dans les yeux,  me demanda d'une voix obscurcie par le désir 
- baise-moi !
Sans un mot, comme assommé par ce qui nous, m'arrivait,  j'allai chercher à tatons dans le tiroir de la table de nuit,  du gel, me calai entre ses cuisses écartées et tout en dressant  et branlant sa bite brûlante d'une main, je lui bouffait tendrement le cul avant de glisser doucement mon premier doigt dans sa rondelle lui arrachant un petit gémissement .
- Détend-toi,  concentre-toi entièrement sur ton cul. 
Je tournai et retournai ce premier doigt et déjà la pression se faisait moins forte ; un second se fit un passage tandis que ma langue allait et venait sur sa tige et ses couilles.
Je prenais mon temps, adaptant mes mouvements, à sa respiration. Par de petits va-et-vient,  de légères rotations,  il s'ouvrait à moi et ses gémissements,  ses mouvements du bassin me confortaient dans l'idée qu'il avait du plaisir. 
Enfin,  je me retirai doucement et après avoir lubrifié ma queue et sa rosace, je le fis se retourner. 
Je le pénétrai doucement,  centimètre par centimètre. Le rassurant de mes caresses de mes baisers sur le dos
- vas-y doucement,  t'as une grosse teub et je suis vierge !
Quand enfin mon bas-ventre toucha ses fesses,  je marquai une longue pose 
- nous ne faisons plus qu'un, L. Ma queue est toute entière en toi,  tu la sens ? J'aurais jamais cru que cela nous arrive un jour,  je t'aime tu sais ?!
Et j'entamai mes premiers va-et-vient.  Tout doux puis au rythme de son plaisir grandissant,  de plus en plus intenses. 

Je lui proposait de changer de position,  je voulais que l'un et l'autre  soyons témoins de notre plaisir,  de notre jouissance.  Sur le dos, les cuisses largement écartées, un coussin sous les fesses  je l'empalai à  nouveau et c'est les yeux dans les yeux que je jouis en lui. Il  me suivi de peu inondant son torse d'abondantes giclées de foutre que je m'empressai de lécher. 
Nous nous séparâmes dans un énorme fou rire !
Nous restâmes enlacés un long moment. Son ventre chaud, sa queue brûlante contre mes fesses, irradiaient dans tout mon corps; c'était bon.   Puis, un peu pour briser le silence 
 - Déjà 7 heures ! Va falloir retrouver les autres,  
- On  a encore le temps,  le resto est réservé pour 9h.. et nous deux on a pas fini! Il glissa avec tendresse sa main entre mes fesses, 
- J'aimerais bien visiter par ici!
Je cherchai en souriant sa queue
- Hmmm, c'est que ça se raidit!...
Je la caressai d'une main, la frottant tout contre ma raie ;  oui, je la voulais, une envie subite, irrépressible, comme le couronnement de notre amitié hors normes.  Ma bite se dressait de nouveau contre mon ventre. 
- Viens,  murmurai-je
Je me tartinai moi-même de gel et guidai sa queue vers ma rondelle.
Quand enfin, il fut entièrement en moi,  nos corps presque fusionnés, je murmurai  
- Restons ainsi quelques instants,  je veux que chaque millimètre de mon cul  sente ton cœur battre dans les veines de ta queue.
Un langoureux et amoureux va-et-vient commença, je mouillais comme jamais, j'avais envie de crier comme jamais...  puis je me séparai de lui pour le chevaucher et m'empaler à lui. je voulais que nos yeux se rivent ensemble, je voulais ne pas manquer l'étincelle du  désir et surtout le voile de l'orgasme quand le moment viendra.


Je le chevauchai ainsi longtemps; caressant sa poitrine, le baisant souvent; le visage, la bouche, les yeux, les seins. Ma verge dressée à rompre battait sur mon entre au rythme de mes mouvements Enfin son regard se voila tandis que ma "cavalcade" se faisait plus intense, violente; 

Vint le moment inéluctable où le plaisir se fait cascade, tempête, ouragan. Soudain, sa verge en moi se gonfla encore si tant est que cela soit possible, je l'enserrai encore plus fort pour sentir ces derniers spasmes, ceux du jaillissement, ceux du dernier cri. 

Alors sans me séparer de lui, je branlai ma verge et dans un ultime spasme inondait de ma semence son torse et son visage et je m'écroulai sur son torse, vaincu, comblé, heureux. 

LE silence soudain régna dans cette chambre et la nuit aussi...
- Merde L. il est 20h30, on va être en retard! 
Il fallu se séparer, courir vers la salle de bains, prendre une douche rapide et s'habiller.
Nous n'échangeâmes pas un mot sur le chemin du centre ville.
La soirée se passa comme si rien ne s'était passé. Le lendemain était le jour prévu de son départ et nous bûmes à ses vacances.





29 décembre 2020

troubles



N
ous étions copains, copains comme cochons. les meilleurs amis du monde. fusionnels. Sans toi, je n'étais rien et je pense que c'était la même chose pour toi. Nous avancions dans la vie d'un même pas, d'un même rire. Nos yeux rivés vers la même direction, comme un seul corps. Ensemble, plus rien n'importait; ensemble et cela suffisait. Un seul corps. chaque atome de nos êtres en fusion: un seul être. toi absent et le monde semblait creux, vide, surpeuplés, fantomatique. 
les gens, les autres enviaient, jalousaient cette union, ces rires à l'unisson, cette farouche, sauvage sensualité se dégageant de "nous". 
et puis, tout a basculé. c'était trop beau, trop fort, trop entier, c'était trop. C'était adolescent. un soir après une joyeuse journée de ski, un soir qui aurait du être comme les autres, après une merveilleuse soirée "pâtes, feux de cheminée, force bourbon". ce soir là donc, identique au précédent, dans le lit de tes parents que nous partagions pourtant chaque nuit - en frères- j'ai franchi le pas. 
un pas de trop.
16111 




22 décembre 2009

My Buddy

Tu sais que je t’aime ; tu sais que je t’aime depuis le jour ou presque où tu es rentré dans ma vie. Tu sais combien tu m’as fait souffrir, tu as en mémoire toutes les guerres que nous avons menées, enfin, toutes les guerres que je t’ai mené, toutes les guerres que j’ai perdues. Mais qu’importe puisque nous nous aimons, qu’importe puisque maintenant, nous sommes amis, d’indéfectibles amis. Nous en savons tellement l’un de l’autre ! Nous avons survécu à toutes nos blessures et celles que nous nous sommes infligés, nous ont renforcés contre les autres. Comme un amant, je connais tout ou presque de ton corps ; je connais son odeur, ton haleine légèrement acre, la texture si sèche de ta peau, la forme particulière de ta queue, la longue cicatrice enfin, qui déchire ton abdomen. Comme l’amant, enfin que je ne fus jamais. Nous sommes les meilleurs amis du monde, comme des frères. Tu es le frère que j’eusse aimé avoir, je suis le grand frère que tu aurais aimé avoir, celui que tu aurais bien échangé contre ton zombie de vrai frère. Celui a qui on raconte tout, celui vers qui l’on se tourne quand on ne sait pas où aller. Celui chez qui tu es venu frapper hier au soir après une énième histoire de femme. Comme a chaque fois, tu as souri, demandé si tu pouvais dormir là. Puis sans attendre de réponse, tu as pris une bière, puis d’autres, vautré sur le canapé, fumé quantité de cigarettes et raconté tes malheurs. P. comme à chaque fois est monté se coucher et nous a gentiment laissé seuls. Alors ta tête posée sur mes jambes, tu m’as raconté une histoire rocambolesque dont je serais incapable aujourd’hui d’en raconter les détails. Mais qu’importe, tu avais envie d’être là, de parler, de te regarder, de te comprendre en résonance avec moi ; ta tête sur mes cuisses, ma main dans tes cheveux. Un simple moment de bonheur partagé. Après, tu envahiras l’espace, couvrant le sol de tes vêtements, choisissant des tas de bd que tu ne lirais pas, t’emmitouflant dans les couvertures recouvrant le canapé. Bientôt tu t’endormiras, content, soulagé, confessé ( ?). Demain, la maison toute entière sentira « toi ». Je te passerai un slip et une chemise propre. Et, toute la journée j’aurai un peu de bonheur à te savoir dans mes vêtements ; un peu de moi contre ta peau, un peu de moi avec toi. Mon ami.

03 juin 2006

L'apaisement



La blessure,

Et puis tu es revenu. Ton sourire était là comme une main tendue, tes yeux bleus étincelants d’assurance.
Sûr de ta force, sûr aussi, finalement de la force de notre amour. Sans un mot, juste par ton regard, tu me démontrais que tout nous séparait et tout nous rapprocherait, toujours. Alors que je t’avais quitté, alors que je trouvais la force de continuer dans la douleur de la séparation, tu m’enveloppais du regard, tu me ramenais à NOUS; tout entier dans ta main. Un rien. Un tout, avec toi.
Moi, je restais là pantois, petit, sale ; rempli de mes doutes. Honteux que tu viennes ainsi me montrer le chemin, me montrer que nous existons encore et que nous avons encore une route en commun à faire. Furieux de me voir dépossédé de ma douleur, celle de celui qui reste, celui qui est délaissé. Conquis, vainçu, heureux de cette main tendue, heureux de ce retour, même si rien n’est réglé même si rien n’est dit. C’est comme une tornade qui balaie tout. Nous existons toi et moi, notre amour est entier, fort, unique. Nous restons dans nos différences, toi dans ton incapacité à le démontrer, à donner, à répondre à mes attentes, mais dans la certitude du réel. Moi avec mes doutes, mon besoin de démonstration, de vivre pleinement et à fond comme une passion, une passion éternelle.
Nous aurons d’autres crises, nous aurons d’autres souffrances. Tu t’éloigneras de moi, encore je douterai de ta sincérité, encore je demanderai plus que ce que tu peux me donner, encore, sûrement, tu me donneras une leçon de sérénité.
Ensemble mais pas encore, comment l'ai-je si vite oublié?

21 mai 2006

Désordre




Et puis autre chose encore:
Ecoute moi, finalement ce n'est pas vers celui qui aime que l'on doit porter ses regards; ce n'est pas lui qu'il convient de plaindre. Sa douleur le fait vivre.
J’ai vécu, je vis à chaque instant de ma douleur. C'est au moins quelque chose qui m'appartient. Quelque chose que tu ne m'as pas donné mais que je t'ai pris, arraché de ta vie, l'emportant pour qu'elle nourrisse la mienne. Possession clandestine dont tu ne peux imaginer que j'y contemple de jours en nuits et d'heures en heures, le reflet de toi-même. Mon reflet de toi-même. Le mien, celui que je ne partagerai jamais avec quiconque. Celui dont tu ne sauras rien. Comment pourrais-tu le comprendre? Je t'ai démuni de mon chagrin.

Un jour, bien sûr, cette passion que je t'imposais, je viendrai te la reprendre.
J’aimerai quelqu'un d'autre. Plusieurs autres peut-être. La vie est parfois si longue.
Identique à toi-même, je te verrai tout autre. Alors que tu m'aimais sans doute aussi à ta manière, je ne te verrai plus nulle part. Et tandis que je m'éloignerai, sans l'espoir d'un retour, je te volerai une seconde fois encore. Je t'enlèverai jusqu'à l'idée que tu gardais de moi.
Et si par hasard on se rencontre un jour, plus tard, j'aurai avec moi toutes ces images de notre jeunesse et je me refuserai à te les rendre, à toi qui auras tant vieilli et qui s'interrogera encore.
Regarde-moi: je te rends à l'innocence. Apprends son autre nom: la solitude.
F.M.

15 mai 2006

Saccage




Hier, n’y tenant plus, après une sale journée ponctuée de bons moments vécus comme un zombie, comme un spectateur des joies d’un autre. Dîners entre amis, l’Orfeo de Monteverdi, des moments simples d’un week end heureux ; mais, moi, je ne pensais qu’à notre rupture.
Samedi, un petit SMS pour te rappeler de regarder Glenn Gould sur Arte, message sans réponse. Hier, j’ai laissé sonner ton téléphone, je t’ai laissé un mot plaintif sur ton répondeur. Tu n’as pas décroché pourtant, je le sais tu étais chez toi,
Me voilà dans le club pas si fermé que cela de ceux pour qui tu te mets aux abonnés absents.
Un mail vengeur sur messenger et ta réponse simple « t’es chiant mais on s’aime ».
Je me rappelle Marguerite Yourcenar dans « Feux »
-Dieu à crée l’amour pour punir les hommes de ne pas savoir vivre seuls ».

13 mai 2006

trois mots



Trois mots ont suffit, trop souvent répétés pour ne pas être sincères. Trois mots ont suffit qui m’ont profondément blessé. C’est le ventre serré, la tête pleine de ressentiment que je t’écris.
Tu as fermé la seule porte que tu avais bien voulu ouvrir pour moi, celle par laquelle j’avais quand même l’impression d’être utile, d’être un ami. Souvent longtemps, j’ai pansé tes plaies, écouté longuement tes interrogations, tes atermoiements, tes doutes. Entendu aussi, les ravages de ta difficulté de donner, de te donner, sur les autres, toutes ces femmes souffrant de toi. J’aurais pu maintes fois te rejeter, te désavouer. Te demander, souvent, de ne pas parler d’elles sur ce ton, de ne pas les décrire, décrire quelques fois leurs souffrance avec un tel détachement, une telle cruauté. Un matin, chez moi, après une longue nuit de discussion, tu t’en souviens ? Ton attitude m’a tellement fait souffrir que je t’en ai voulu; je suis resté l’ami; néanmoins.
J’aurais pu donc, me dire que celui que j’avais devant moi, celui dont je voulais être l’ami, n’était qu’un monstre d’égoïsme. J’aurais pu m’associer à beaucoup de ces histoires douloureuses, car, finalement, je ne vivais pas autre chose, qu’une amitié voulue, entretenue, animée par moi, sans jamais vraiment beaucoup de retours. Mais je t’écoutais, essayant durant ces longues soirées de te donner ce dont tu avais besoin : une écoute à défaut de conseils, la possibilité de parler, d’exprimer tes doutes à quelqu’un de suffisamment aimant pour ne pas juger, quelqu’un qui malgré tout serait toujours derrière toi, te soutiendrait.
Voilà ce que j’étais, en plus de tout le reste, car ne l’oublions pas trop vite, ayant été quand même un des rares, depuis toujours à croire en toi ; pour t’aider à avancer, te soutenir dans chacun de tes moments de faiblesses et Dieu sait s’il y en eut.

Les amis, les vrais se doivent d’être toujours présents, de dire la vérité toujours et quelle qu’elle soit ; c’est pour cela qu’ils nous sont indispensable pour avancer.
Je n’ai pas voulu autre chose.
Maintenant et sans vouloir paraphraser Frederic Mitterand. Il nous faut savoir, à chaque circonstance de la vie ce que l’on perd et ce que l’on gagne. Tu ne le sais sans doute pas ou pas encore ; tu ne t’en soucie d’ailleurs sans doute pas non plus, mais tu perds ainsi le meilleur ami que tu n’auras jamais, pardon pour cette mise en avant personnelle, mais je peux le dire sans craindre d’être démenti car je me mesure non seulement à mes actions passées mais à ce que je me sentais prêt à faire pour toi ; toi, celui que je considère, que j’aime, comme un frère, le frère que je n’ai pas eu.
Et, moi ? Moi, je perds mes illusions, mes chimères. L’illusion d’être ton ami, la chimère d’avoir cru avoir un frère. Maintenant, oui, il me reste une grande douleur, un grand vide. Mais j’apprendrais à oublier, j’aurais d’autres amis, car ainsi je suis fait ;
Toi ? toi tu resteras, même si j’espère de tout cœur pour toi le contraire, tu resteras avec ta difficulté d’aimer. C’est finalement très court.

19 mars 2006

L. va mal


Hier après-midi, le téléphone a sonné. C’était L. je n’ai pas eu le temps de décrocher. Le message laissé sur le répondeur était bref et d’une voix glaçante. Soit il me faisait une blague soit quelque chose n’allait pas.
Il m’a dit ne plus manger depuis 3 jours. Trois jours sans pouvoir avaler quoi que ce soit à part un yaourt et trop de café. Trop de cigarettes aussi.
Il ne voulait pas parler au téléphone et était disposé à tout me raconter de vive voix. En l’attendant j’ai appelé sa sœur pour savoir si elle en savait un peu plus. J’étais inquiet et furieux envers moi. L. est mon AMI, mon frère. On se voit tous les jours ou presque, je le regarde vivre et évoluer comme un grand frère regarde sans doute évoluer son cadet. Je le regarde et je n’ai rien vu venir.
L. depuis qu’il s’est séparé de sa femme, vit seul avec son fils une semaine sur deux. Je trouvais que depuis cette séparation, il allait mieux, s’occupait vraiment de son fils. Qu’il était plus proche de moi aussi ; mais aussi des autres, plus épanoui quoi.
Il me raconte régulièrement ses histoires de cul (et moi les miennes), notre intimité est forte et j’aime ça. Et voilà que je ne l’ai pas vu déraper.
L. a un grand problème, il ne sait pas aimer. L. a un autre grand problème, c’est un charmeur et les filles qu’il attire veulent très vite s’embarquer dans de longues histoires, se voient déjà en couple à s’occuper du gamin et à en espérer d’autres. Lui veut vivre sa vie sans se poser trop de questions. L. est persuadé qu’il ne fait de mal à personne quand il veut faire plaisir à toutes ces filles à qui il dit oui ou plutôt jamais non et qui de fait se montent le bourrichon en croyant avoir trouvé le beau brun ténébreux aux yeux bleus qu’elles pourront protéger du monde extérieur. Elles deviennent très vite mamans sans être longtemps passé par la case amante.
Alors, elles hurlent, le menacent. Elles supplient, l’inondent de SMS et de mails. Elles souffrent, le quittent, reviennent. Lui ne sait pas ce qu’il veut, ne sait plus. Il voudrait bien rentrer sans sa tanière et ne plus en bouger. Fuir.
Moi, j’ai encaissé toute la nuit son mal être. Il a dormi à la maison, tout contre moi. Dès le matin, son téléphone a commencé à sonner : que dois-je dire, que faire ? Répondre, laisser sonner. J’avais envie qu’il s’en aille, qu’il foute le camp avec ses problèmes. J’avais envie de lui dire que c’est pas si dur de savoir si on aime ou pas. Envie de lui dire que, déjà quand on aime on a envie d’^être avec l’autre car on est bien. Envie de lui dire que son problème de choix est un non problème, un problème d’égoïsme et d’amour propre. Car dans la plupart des cas il suffit de se demander si on est capable de donner à l’autre ce qu’il attend. Je lui ai dit tout ça et puis je lui ai demandé de partir. Lessivé, épuisé d’avoir épongé toute une nuit son mal de vivre. Cet après-midi j’ai dormi, l’estomac noué.

15 mars 2006

Pas de pudeur entre nous, nous sommes amis


Tu es mon meilleur ami ; dans cette chambre de ce petit appartement loué 43th st à NYC, nous vivons une intimité délicieuse ; délicieuse et douloureuse. Tu vaque tranquillement dans une joyeuse et innocente tranquillité. Nous sommes amis ! Pas de sexe entre nous. On se touche, on se tripote comme des gosses. On se vanne tels des adolescents quand je mate un beau mec dans la rue ou toi une belle fille.
Dès notre retour dans notre antre, tu adores pisser la porte ouverte, bruyamment. Tu reviens dans la pièce principale en te reboutonnant, un sourire ravageur aux lèvres. Soir et matin, tu te mets à l’aise et déambule, en caleçon ou en slip informe. J’aime à te regarder ainsi traverser la pièce en te grattant les couilles. J’aime ces moments de mâle intimité. A aucun moment il me viendrait à l’idée de tenter quoi que ce soit et tu le sais. Comme tu sais que je te regarde, particulièrement le matin quand, à peine réveillé, le sexe encore un peu dur tu vas vers la salle de bains, enlève ton caleçon, pisse sans précaution avant de rejoindre la douche sans fermer la porte.
Petit salaud, j’aimerais bien pourtant t’y rejoindre sous la douche, prendre ta queue dans ma main, te branler te sucer, sale petit allumeur. Mais tu es mon ami, mon frère et je ne gâcherai cela pour rien au monde

05 novembre 2005

L.se rase les couilles



L. mon frère de cœur, "que j'aime" est passé me voir à la maison. Tout fier, il m’annonce s’être rasé les couilles !! il est sûr que ça va plaire aux filles; faut dire que sa femme vient de le quitter; enfin, c'était avant l'été..
Naif que je suis ; je n’imaginais pas les « heteros de base » avoir ce genre de fantasmes. J’ai mis un moment avant de lui demander de me montrer… je suis sûr qu’il souhaitait le faire alors qu’il me décrivait avec force détails ce qu’il avait fait et comment il avait fait. Alors, je lui ai demandé de me montrer.. Il s’est exécuté sans aucune hésitation. Il a soulevé son sweat shirt, et baissé son pantalon. Ce délicieux couillon s’est entièrement rasé l’aine, le pourtour de la queue, les couilles ! « ça rallonge, m’a-t-il dit,… » je l’aime mon hétero de base !! :-)

31 octobre 2005

Le petit appartement.de NYC


C’était la première fois que nous faisions quelque chose tous les deux, L. et moi. La première fois que nous partions ainsi pendant plusieurs jours, livrés à nous même et ensemble 24h/24.
L’appartement disposait de deux chambres, il n’était bien entendu pas question de dormir ensemble, je suis sûr que cela ne t’avait même pas effleuré, toi l’hétero de base ; mais moi, bien que mon amour pour toi ne soit pas charnel, que cela soit un amour plus trouble, très fort, fraternel, adolescent, dormir à quelques centimètres de toi, ne me laissait pas indifférent et me troublait ; partager mon intimité avec toi, m’excitait un peu certes mais me gênait bien davantage. J’avais peur de « casser » avec cette intimité quelque peu désirée, une fraternité que j’estimais plus forte que le charnel. Tu étais, tu es mon frère, je te ressens dans ma chair, je t’aime totalement mais même si j’ai envie quelques fois de toucher, même si nous nous touchons de fait comme deux frères peuvent le faire, toute suspicion de trouble charnel casserait à jamais cette tendresse, l’innocence de nos gestes l’un pour l’autre.

30 octobre 2005

NYC 5


En fait j’étais heureux. J’avais loué un petit appartement 44° st. Entre la 5° et la 6°. L. et moi parcourions du matin au soir les rues de Manhattan. Son enthousiasme, son regard sur tout ce que l’on voyait me charmaient. Nous étions en parfaite symbiose, lui, moi, les rues de Manhattan, les gens croisés, rencontrés et toi car, dans ma tête tu étais avec nous.
Je te/lui montrais mes immeubles favoris, les détails que je croyais être le seul à avoir remarqués. Je t’/l’entraînais dans tous mes lieux, tous les endroits de NYC inscrit dans ma mémoire ; mes endroits avec Y. L. ressemble tellement à Y ! Et puis je t’écrivais, je trouvais toujours un moment pour laisser L. seul et pour être avec toi.
Ce matin là, nous étions sur ce porte avion qui sert de musée de l’aéronavale sur les quais de l’Hudson et tu m’as appelé. Nous avons parlé plus d’une heure, de tout, de rien de nous, tout à la joie de nous retrouver. Je ne me souciais même pas du léger crachin qui tombait. Tu avais tourné la page. Tu m’attendais, tu m’aimais. L. de son coté attendait aussi que j’en finisse avec ce satané téléphone et se marrait de voir mon bonheur ainsi inscrit sur mon visage. J’avais les lunettes couvertes de fines gouttelettes de pluie Je l’ai pris par le bras, j’avais besoin de le toucher, de communiquer tactilement au moins un peu de l’amour qui m’envahissait de nouveau.

06 octobre 2005

L. est dépressif


L. mon frère de cœur, mon double, est dépressif ; en fait c’est son médecin qui lui a dit. Et lui hypocondriaque XXL, il le devient immédiatement. Faut dire qu’il a mal partout, les jambes, les épaules, les poignets, tout quoi, de l’or en barre pour les médecins ! Bon bien sûr sa femme l’a quitté, mais c’est plutôt bon pour lui. Moi je trouve qu’il était plutôt dépressif avant quand elle était encore là. Maintenant , je comprend que cela destabilise mais enfin, son fils est la plupart du temps avec lui , au boulot, plein de perspectives en option, et la vie est bien dégagée droit devant.
Bon, je vais pouvoir, le consoler un peu et ça , ça me plaît !...