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29 février 2024

voyage avec pote(s)


C’était la première fois que nous faisions quelque chose tous les deux, L. et moi. La première fois que nous partions ainsi pendant plusieurs jours, livrés à nous même et ensemble 24h/24.
L’appartement disposait de deux chambres, il n’était bien entendu pas question de dormir ensemble, je suis sûr que cela ne t’avait même pas effleuré, toi l’hétéro de base ; mais moi, bien que mon amour pour toi ne soit pas charnel, que cela soit un amour plus trouble, très fort, fraternel, adolescent, dormir à quelques centimètres de toi, ne me laissait pas indifférent et me troublait ; partager mon intimité avec toi, m’excitait un peu certes mais me gênait bien davantage. J’avais peur de « casser » avec cette intimité quelque peu désirée, une fraternité que j’estimais plus forte que le charnel. Tu étais, tu es mon frère, je te ressens dans ma chair, je t’aime totalement mais même si j’ai envie quelques fois de toucher, même si nous nous touchons de fait comme deux frères peuvent le faire, toute suspicion de trouble charnel casserait à jamais cette tendresse, l’innocence de nos gestes l’un pour l’autre.
Mais ce soir je n'y tenais plus. Te voir, te croiser ainsi dans ce petit appartement new-yorkais, te baladant quelques fois dans le plus simple appareil. T'apercevant d'autres fois la nuit en allant pisser, dans la semi obscurité de la pièce , les draps du lit rejetés et toi nu sur le ventre les fesses "offertes ou sur le dos,  le sexe à moitié bandé... 
ces images rêvées ou vécues s'imprimaient dans mes pensées et m’empêchaient de dormir. il fallait à tout prix relâcher la pression, libérer les hormones et oublier tout cela pour le bien de notre amitié. Ce soir là donc, je suis allé dans la salle de bains prendre une douche bien froide et surtout me branler sauvagement.. et c'est là que tu es apparu, nu comme d'hab et moi la queue dressée entre mes mains fievreuses Dieu que j'ai du avoir l'air con! Mais tu as souris, bandé un peu (si, si) tu t'es approché de moi, posé ta main sur mon épaule d'un geste d'amitié et de tendresse et tu as simplement dit - viens allons dormir-.
Ce soir nous avons dormi dans le même lit, l'un contre l'autre. en amis. Même si dans mes rêves cela s'est passé autrement.....




30 janvier 2024

Reste encore un peu


A certains moments, certaines nuits, comme après cette dernière fois je t’ai reçu, toi le gars de passage, cette question me revient, alors que je la sais, pour la circonstance, totalement déplacée : comment t’inviter à revenir ? comment te re-contacter ?
Tu es arrivé, je t’attendais nu, derrière la porte. Nous avons commencé à gouter nos bouches, nos lèvres. Longuement. Déterminés à faire durer le plaisir de la rencontre. J’ai pris ton visage entre mes deux mains, j’ai caressé tes cheveux bruns. Tes mains posées sur mon corps. J’ai aimé cette séance de baisers, nos langues qui se touchent, nos mains qui nous devinent. J’ai aimé prendre ce temps-là, toi que je ne connais pas. J’ai aimé que pas un mot ne vienne rompre ce charme là. J’ai aimé ma manière de t’inviter à me suivre, plus en avant dans l’appartement, jusque dans la chambre. Ta manière de te dévêtir et moi, de te regarder. J’ai aimé regarder ton corps inconnu et j’ai aimé l’idée de pouvoir le goûter. J’ai aimé caresser ton torse, tes tétons, tes cuisses fortes.

J’ai aimé la façon dont nous nous sommes allongés dans le lit, moi te parcourant de ma langue, toi te laissant aller à la dégustation de ton corps, de ton visage, de ton menton et de ton cou, de tes épaules, de tes bras (tout le long de tes bras, dessous, dessus), de tes doigts, de ton ventre et de ton bas-ventre, de la touffe de poils et de ton sexe, de tes couilles et de ton cul. J’ai aimé sentir ma queue parcourir la raie de ton cul. J’ai aimé cette façon dont tu m’as renversé pour te retrouver sur moi, pour me parcourir, me caresser et me lécher. Et toujours, nous embrasser. J’ai aimé cette façon de nous lier, en échangeant nos rôles et nos positions. J’ai aimé ta manière de t’occuper de mon sexe, de me sucer quand je m’occupai de ton œillet avec ma langue ,avec mes doigts. J’ai aimé te pénétrer sans avoir à te violenter. J’ai aimé mordre dans tes fesses, mordre dans tes cuisses, quand tu t’occupais de mes couilles. J’ai aimé comme tu t’es relevé et comme tu m’as fait face, mon sexe sillonnant ton cul, et toi te branlant au-dessus de mon ventre. J’ai aimé quand nous avons joui, en même temps, moi sur le haut de tes fesses, toi sur mon torse et quelques éclats sur mes lèvres. J’ai aimé comme tu m’as alors embrassé et, un peu plus 
tard comme tu m’as conseillé de prendre une douche!
J’aurais aimé te demander de rester coucher ici !








17 juillet 2022

Coney Island......once upon a time around





Petit matin glacial. Jeté là, sur ces planches humides, je tire à fond sur mon clope. Une lumière blafarde détache peu à peu les sinistres manèges du noir de la nuit. Mes oreilles bourdonnent encore du vacarme du métro parcourant stations désertes après stations désertes Brooklyn et le Queens endormis.
Le froid du matin me glace, ma barbe de deux jours se dresse sur mes joues fatiguées.
Je cherche la paix, le silence, la nuit qui s’en va.
J’ai quitté sans bruit cette chambre désolée quelque part pas loin de Houston st. J’ai quitté ce lit inconnu, ce corps inconnu rencontré au Eagle.
Ce corps inconnu dont mes doigts se souviennent encore de la texture de la peau, de son grain particulier.  De ses odeurs aussi des plus intimes à celles des ébats survoltés. 
Ce visage d'inconnu dont tout mon corps se souvient des baisers et du poil dru de sa barbe de trois jours. 
Cette queue veineuse,  épaisse,  longue dont le souvenir me laboure encore le cul. 
Impossible après ça de rester plus longtemps.  
Je ne voulais pas me réveiller, me laisser surprendre par le jour dans ces draps étrangers. Impossible pour moi de croiser ce regard, d’attendre le premier faux semblant « hi ! , hello, my name is, coffee or tea,… »
J’ai enfilé mon jean, mon tee-shirt, je me suis chaussé sur le palier et je me suis engouffré dans la première bouche de métro venue.
Un token, un long et sinistre couloir, des ampoules tristes protégées par un grillage sommaire. Je n’entends que le bruit de mes pas dans ce couloir qui n’en fini pas, je referme la braguette de mon 501 sur ma queue libérée, ne le retrouvant pas, j’ai du laisser mon slip en souvenir !
Moi, maintenant, il me reste le souvenir de ses mains sur mon corps, l’odeur de la cigarette sur mes doigts se mêlant aux odeurs de l’amour, intimité des corps ; fluides.. Mon visage sous le froid glacial vibre encore de ses baisers râpeux.
Les dernières vapeurs de speed s’estompent doucement. Un Nathan’s au loin m’appelle, un café, un donut.

Un jour nouveau.






..

29 juin 2022

We à Barcelone

 Tu m’as demandé de venir te voir là bas à Barcelone. De fait nos longs appels presque quotidiens ne suffisaient plus. Les longs moments passés au pied de mon immeuble assis contre le mur d’en face ou simplement debout sous la pluie à faire les cents pas, créaient une douloureuse sensation de frustration et « virtualisait » nos sentiments. Pour venir il me fallait dire à P. que je partais seul, seul pour venir te voir…De ton coté, il te fallait dire à O. seul à Madrid que tu resterai à Barcelone, pour me recevoir. Nous savions que cela pouvait bouleverser l’ordre établi, le calme précaire de nos existences. P. & O. ne pouvaient pas ne pas avoir compris ce qui nous unissait. Nos choix de vies, la séparation rendue obligatoire par l’éloignement, nous avaient évité la nécessaire explication.
Je suis venu, il me fallait, nous fallait, le contact physique et surtout nous prouver par les yeux, les gestes que l’on s’aimait encore. Tu es venu me chercher à l’aéroport ; au premier regard, nous avons regretté cette rencontre, j’aurais voulu reprendre le premier avion ! Et nous avions deux jours devant nous!.. Tu étais agressif, tu n’as pas voulu que je t’embrasse devant tout le monde, ton regard était fuyant et électrique. Nous avons pris le métro et rejoint ton petit appartement en coloc du centre de Barcelone. Là encore, tes réactions me surprenaient. Tu n’as tout de suite dit que nous ne dormirions pas ensemble, tu avais installé pour cela, à même le sol, un matelas gonflable acheté exprès pour l’occasion ! J’ai décidé de faire profil bas, non pas de laisser la situation s’envenimer mais de faire comme si je ne ressentais pas cette violence en toi. Tu regrettais cet appel, tu comprenais que notre amour était encore très fort, suffisamment fort pour nous pousser ainsi à fragiliser nos vies amoureuses "officielles" respectives ; tu t’en voulais et tu me le faisais subir. J’encaissais. La journée a passé : promenades en ville, courses et toi allant de l’agressivité à des coups de tendresse passagère qui me bouleversaient ; j’étais à toi ; entièrement à toi, ton jouet. Tu jouissais de ma passivité amoureuse. Le soir, au restaurant, quelques verres de vin aidant, tu m’as parlé de tes regrets, de ton remords devrions-nous dire. Tu voulais te persuader que cette envie de nous c’était uniquement pour le sexe. Nous sommes rentrés chez toi pour nous changer avant de retrouver tes amis au Salvation. Tu es sorti de ta douche en t’essuyant ; tu t’es approché de moi, ta queue superbe se dressait doucement. «Suce-moi » as-tu ordonné. Je me suis exécuté sans mot dire. Nous avons retrouvé tes amis au OTTO SHUTZ, ambiance faussement enjouée, tu riais trop et trop fort, moi je me contentais de sourire et de blaguer avec tes amis. Sans nous concerter, nous avons bu plus que de raison, j’alignais les vodka_red bull. Nous avons fini la nuit au Salvation bourré à craquer. J’ai dansé sans discontinuer, j’ai parlé à plein de gens ; vive l’Espagne ! Et puis nous sommes rentrés, 6h30, ta chambre ; tu m’as embrassé, violemment; trop violemment. Tu m’as déshabillé, tu voulais que cela soit du sexe, rien que du sexe. Tu m’interdisais de parler et connaissant tous mes points faibles, de réagir à tes caresses. Tu as alors sorti des liens, et ton god noir ! tu m’as demandé de m’accroupir, tu m’as attaché les mains dans le dos. Je ne savais plus comment réagir, devais-je arrêter ce cirque ou continuer de jouer le jeu, j’étais paniqué mais je souhaitais en même temps que cela passe et se fasse ; comme un exutoire nécessaire, comme pour passer un cap. Tu as alors entrepris de me pénétrer avec ton énorme machin ; l’alcool de la soirée, les poppers aidant, je me suis étonné moi-même de ma "souplesse arrière…" après un long travail de ta main, après un long travail de ta queue, le lourd machin pénétrait de fait assez aisément et j’y prenais de fait du plaisir ; ta main pressait fortement ma bouche m’empêchant de m’exprimer, étouffant les gémissements. Tu alternais le god et ta queue, c’était ahurissant. Tu as joui en moi et tu ne t’es même pas préoccupé de mon plaisir. Tu es parti vers la salle de bains en me montrant le matelas pneumatique à même le sol et tu m’as interdit de lit commun. Je me suis lavé sans mot dire. Il va sans dire que je n’ai pas fermé l’œil. La journée suivante tu étais comme apaisé, nous avons profité du soleil hivernal de Barcelone et fait une longue promenade le long du port et des plages de la ville. Je n’ai pas voulu que tu me raccompagnes à l’aéroport. A la descente de l’avion à Paris, un long message de ta part sur mon cellulaire, tu regrettais, tu expliquais, tu m’aimais. j'étais épuisé; heureux?


 
 






03 avril 2022

le flash


Tgv, encore et toujours. Je ne compte plus les heures passées dans ces trains qui me transportent d’une réunion à une autre aux quatre coins de l’Europe du nord. 
Nuit, jour, à toute heure. Je commence à retrouver des visages connus, les mêmes contrôleurs. Une communauté. Presque !
Je venais de m’installer en voiture 11. En tête du train. Fauteuil spécial handicapé. Avantage énorme, plein de place pour les jambes, une petite tablette pour travailler et plein de place aussi pour les bagages, juste à coté. On peu s’installer, presque confortablement.
Pour une fois, je pouvais quitter L. plus tôt. Ce n’était donc pas mon train habituel, j’espérais simplement que ce train ne serait pas bondé et que cette place serait disponible.
Il s’est installé en face de moi, accompagné d’un collègue ou supposé tel.
Une carrure ; large, grand. Une démarche souple, élégante, masculine. Un sex appeal à émouvoir toute la rame. Pas beau non, genre Grégoire. Mais tout m’a immédiatement plu chez lui. La démarche, sa façon de remplir son jean, son sourire gauche, ses mains. Ses yeux bleus enfin, sur un visage mal rasé, des cheveux courts et noirs, et une peau blanche, pâle.
Il s’est installé, avachit dirais-je en face de moi. Les jambes largement écartées. Tour à tour sommeillant, échangeant quelques mots avec son copain et me regardant ; de fait me regardant sans doute le regardant. Je ne pouvais pas ne pas le regarder ; en coin ou quand il regardait ailleurs ; j’étais tout entier concentré sur lui ; son corps, sa personne. Fasciné, conquis.  Submergé par de puissantes vagues d'hormones ; du sexe pur...
Mort de honte. Tétanisé, engoncé dans mon costume – cravate.
Arrivés à destination, tandis que son collègue sortait et préparait ses bagages, je l’ai vu griffonner quelque chose sur un bout de papier. Nous sommes sortis du wagon et, sur le quai il s’est brièvement retourné, m’a regardé droit dans les yeux et m’a tendu le bout de papier. J’en avais la chemise trempée. Je devais avoir l’air vraiment couillon. Il a sourit, sûr de lui, sûr de son effet.
Cela m’a hanté toute la journée. Toute la journée à vérifier que ce petit bout de papier était toujours dans ma poche ; quelques fois d’ailleurs pour espérer l’avoir perdu. Que faire ? Tenter le coup ? Laisser tomber ?
En fin d’après midi, j’ai pris mon portable et envoyé un SMS – hôtel royal, chambre 414- 21h-
Voila c’était fait, je m’étais lancé. Enfin, je pouvais me consacrer à mon boulot !
L’heure approche, je suis dans ma chambre d’hôtel. J’ai pris une bonne douche, un bourbon aussi. A 21 heures tapantes, on frappe à la porte, c’est lui.
Le voilà tout sourire, enfin, un sourire un peu gauche, avec sa tête à la Grégoire. Un peu gêné, maladroitement, il me tend une bouteille de champagne ! Il s’avance, enlève son blouson de jean, se plante là en face de moi quelques secondes et…. Me prend tendrement dans ses bras. Il pique, il m’embrasse en tenant fort mon visage dans ses mains, sa langue puissante s’accroche violemment à la mienne. Nous y sommes, il enlève son gros pull, découvrant son large et puissant torse et m’enlace à nouveau. 
- Et le champagne  alors?! Dis-je en plaisantant. 
- c'est pour après,  dit-il en le glissant tant bien que mal dans le minibar. 
- Après....?  Après quoi ? Dis-je faussement étonné et on se dévêtit de concert en riant.  Il reste un moment face à moi dans son Calvin Klein de coton blanc ; cela faisait longtemps que je n’en voyais plus, j'en était presque attendri! Il me bascule sur le grand lit.
On s’embrasse, on se caresse. On se regarde aussi et on rit ! Oui on rit, de rien puisque on ne se parle pas ; nous n’avons même pas échangé nos prénoms. Nos mains caressent nos corps ; en parcourent chaque centimètre,  s'attachent à chaque petite infractuoisité. Je m’attarde sur ses fesses si massives, si dures. Je les caresse par-dessus le coton, je les caresse sous le slip ; elles sont velues, délicieusement velues. J’aime ça, le plaisir monte, je bande comme un âne, lui aussi. Il est temps. Je lui enlève son CK et plonge à plein visage vers ses fesses magnifiques ; mon slip aussi valse à travers la pièce et il découvre mon sexe qu’il engouffre gloutonnement.
C’est doux, c’est bon. Ce garçon est dans la retenue, il calme mes ardeurs, il me force à entrer dans son rythme à lui ; un rythme plus tendre, de montée progressive du plaisir, de modulation des emportements. On se retient, on prend notre temps. On se découvre, on prend le temps de donner à l’autre. On fait l’amour ; oui, c’est bien cela, je ne baise pas, je fais l’amour avec un inconnu. Enfin, avec une infinie tendresse, il me fait comprendre qu’il veut me posséder, il se glisse derrière moi, soulève ma jambe, me caresse l’entre fesses, cherche l’entrée, me prépare ; un doigt, puis deux, je l’attends, je suis prêt. Après avoir enfilé une capote. Sa longue queue me pénètre doucement, je cède, je m’abandonne ; ma queue frappe durement mon ventre, il s’en saisit tout en m’embrassant.


Je veux tout, je la veux toute entière en moi, je hurle de plaisir, je l’aime, oui vraiment à cet instant, j’aime passionnément ce mec dont je ne connais pas je prénom, je l’aime et je jouis… trop vite, mon sperme dégouline sur mon torse, sur mon ventre, tandis qu’il continue à m’empaler. Il prend ma queue dans sa bouche, il prend ma queue encore couverte de ma semence et il la suce. Comme s’il s’avait que j’aimais cela, come s’il avait deviné que cela me rendait fou ; malgré le danger, malgré ce que l’on sait. Pas de doute, il y avait de l’amour en ce moment, dans cette chambre, entre nous. Un tel abandon, un tel don, ne pouvait être que de l’amour. Alors je lui ai demandé qu’il mêle le moment venu, sa semence à la mienne. Qu’il asperge ma bouche, qu’il couvre mon torse.
Ce qu’il fit bientôt.
Le calme revenu, nous échangeâmes nos prénoms et très vite nous fumes pris par le sommeil. Au petit matin, calé au creux de ses bras, je crus que c’était toi. Cela avait été comme avec toi, aussi fort et tendre qu’avec toi.
Il fallut que je lui dise. Le petit matin était là nos vis reprenaient et devaient se séparer. Il fallut que l’on se quitte.








08 octobre 2021

le fils de, The river with no return



L'année d'après, Il est revenu.


Il est revenu. Encore plus aguicheur et maintenant, qui plus est, sûr de lui, d'une assurance orgueilleuse.

Nous l'avons installé dans la chambre qui lui est maintenant familière. Bien entendu, j'ai eu droit à un regard complice et ... Coquin. Bref rappel de nos expériences passées. Bref signal de connivence? 

Dès les premiers instants, je me suis efforcé d'être désagréable avec lui. Lui signifier qu'il n'était pas en terrain conquis, que son assurance post-ado m'irritait plus qu'autre chose et que je ne comprenais que difficilement comment un garçon de son âge, adulte maintenant continuait à suivre ses parents en congés. N'a t'il pas de copains de son âge, de projets? Que faisait-il de ses jours mis à part de vagues études de géo à la fac de Bordeaux...

Grande nouvelle, cette année il s'est lancé dans le triathlon. Il s'entraîne donc beaucoup: piscine, course, vélo,.... Il m'annonce donc qu'il va profiter de ces quelques jours chez nous pour nager tous les matins dans notre piscine, courir dans la campagne environnante et parcourir à vélo ces paysages " si parfaitement vallonnés".  j'en acceptai l'augure.

De fait dès le premier matin, je fus réveillé par le bruit de l'eau. Effectivement, levé à 7h, il avait commencé son entrainement. Un kilomètre dans notre bassin de 10m de long, c'est déjà un bel effort!

La maisonnée encore endormie, Je me levai, me préparai un café et me posai ostensiblement sur le fauteuil de la terrasse pour le regarder aller et venir dans l'eau. Bientôt, il sortit. Il portait... rien. Nu, il me jeta un coup d'œil espiègle tout en s'essuyant  un tantinet aguicheur, le corps. 
Il avait bien changé. Avait-il encore grandi? En tous cas il s'était asséché, délicatement musclé. Sans doute l'effet de l'entraînement. Comme son bronzage de cycliste! Hormis ses mollets, ses bras et son cou, il était d'une blancheur émouvante, translucide.  peut être  pour m'offrir l'espace d'un instant, la vue de son long sexe pale couronné d'une délicate couronne de poils rasée avec soin, je frémis. Tout cela me rappelait nos instants de plaisir de l'année passée. Plaisirs troubles, volés, secrets.

Tout cela m'excitait violemment de nouveau. 

Il enfila enfin sa combinaison de cyclisme et sans un mot mais sans aucun doute conscient de son effet sur moi, enfourcha son vélo et s'en alla. Un peu de tranquillité, du calme hormonal!...


Hier matin, il m'a proposé de l'accompagner dans sa virée cycliste. Après les préventions de rigueur -je ne suis pas entrainé, mon vélo est merdique, pas question de faire des bornes et des bornes,....- j'ai accepté la proposition sans trop savoir où cela allait nous mener mais ne pouvant résister à passer un peu de temps avec lui. 
Je suis monté en selle, non sans un léger fourmillement à l'entrejambe. Ce con m'attirait, c'était maintenant manifeste. 

Le soleil du matin était bien haut, après avoir parcouru quelques kilomètres à travers la campagne périgourdine, nous longions les berges de l'Auvézère, le long d'un petit chemin ombragé.

J'étais à vrai dire exténué. Je n'avais bien entendu pas l'habitude de rouler autant et j'avoue que l'idée de courir après ce "jeunot" n'était pas une motivation suffisante pour un tel effort. Je criai "grâce! - je suis en nage, la rivière nous tend les bras, baignons-nous!".


Nous avons laissé nos vélos contre un arbre. L'épaisse frondaison donnait une ombre délicieuse, à peine troublée par une légère brise. L'eau était tentante, nous n'avons pas hésité pas un instant - allez, on s'y jette!!- je l'aidai à s'enlever la combinaison, pour la première fois depuis l'année passée, mes mains frôlaient sa peau, mes lèvres se trouvaient si proche de sa nuque.

A peine dénudé il s'est précipité dans l'eau. Tant mieux, cela me laissait le temps de reprendre mes esprits et de laisser, le temps de me dévêtir, mon sexe se détendre un peu.

J'ai moi aussi sauté dans l'eau fraîche, magnifiée par les rayons de soleil traversant au grès du vent la frondaison. Un vrai bonheur!

Bien sûr nous nous sommes aspergés, coulés. Bien sûr, nous nous sommes retrouvés plus d'une fois l'un sur l'autre, riant et hurlant comme des gosses. Et puis, j'en ai eu marre, excité comme un pou, de sentir sa longue queue me caresser le cou, ses délicieuses couilles écrasées sur ma nuque. Je me suis approché de lui, j'ai caressé  son dos, sa nuque, ses fesses sous l'eau. Je l'ai pris dans mes bras, ma bouche sur sa nuque, mes mains caressant son torse, son ventre et enfin son sexe déjà dressé. Le silence. Le vent dans les branchages, le clapotis de l'eau. Les oiseaux. Nos soupirs. Temps suspendu. Le rite pouvait commencer.



Je l'ai pris par la main pour le ramener sur la berge et l'appuyer sur un arbre. Son corps fin et sec s'étirait de tout son long et épousait voluptueusement le tronc de l'arbre. De fines gouttelettes d'eau brillaient dans la légère toison de ses aisselles ou filaient doucement le long de son ventre glabre.

Je me suis approché et, m'agenouillant devant tant de merveilles, j'ai enfouis mon visage tout entier 




au creux de son entrejambe. Longtemps j'ai honoré son vit, ses couilles, son cul, lui arrachant de petits cris de plaisir. Jusqu'à ce que le moment de la "communion" soit venu; écartant mon visage, il a pris sa bite entre les mains, s'est branlé violemment jusqu'à inonder mon visage de sa semence dans de longs et profonds spasmes.


Enfin, il s'est approché de mon visage, a déposé les dernières gouttes de sa précieuse semence sur ma langue avant de me l'enfoncer toute entière jusqu'au fond de la gorge.

Bien sûr il fallait se rendre à l'évidence, une nouvelle fois, j'étais conquis. Il me fallait l'assumer. 

Je l' aidai à enfiler de nouveau sa combinaison. Prenant un malin plaisir à bien placer son sexe contre sa cuisse avant de fermer délicatement la fermeture éclair. Nous avons pris  la route du retour sans échanger un mot jusqu'à notre arrivée. Je gardais quant à moi, le goût salé de son sperme sur la langue.







15 avril 2021

L. est venu , L. est parti 9810

L. est venu, comme l'année passée et comme je l'espère, l'année prochaine. Il est venu avec son fils que j'ai plaisir à voir grandir, comme un oncle sans enfant aime à accompagner ses neveux.
Notre amitié maintenant bien solide, est devenue un pilier de mon existence. Un pilier essentiel. Je pense, je sais que c'est réciproque. Nous avons je crois dépassé enfin, le clivage éternel des amitiés hétéro-homo. Nous nous aimons d'une amitié fusionnelle, unique, fraternelle. La confiance est là. Réelle, indispensable.
Elle permet maintenant le contact physique.
Sans ambiguïté mais d'une intimité presque amoureuse. Il en a besoin, à l'évidence mais sans concession à ses choix sexuels. C'est de la tendresse: une main dans la chevelure, des siestes enlacés, des caresses quelques fois intimes.
On se dit tout et les confidences amoureuses sont une partie essentielle, indispensable à notre équilibre amical. Se raconter nos ébats, c'est sans doute comme les partager, les vivre virtuellement. Mais, un certain été,  tout failli être gâché,  détruit. Et si nous sommes toujours si proches c'est finalement la preuve de la force de notre amitié 
Cet après-midi là,  nous l'avions passé à nous balader à pied le long de la côte. Des heures à discuter,  rigoler et se chamailler comme des ados que nous n'étions pourtant plus.  Aux heures chaudes,  nous nous étions  rapprochés de la plage qui était pratiquement déserte à cette heure là. Cela devait être une plage naturiste car les rares baigneurs présents étaient tous nus. 
Nous fîmes de même et nous nous jetâmes en hurlant de rire dans l'eau fraîche. 
Ce ne fut que bousculades, tentatives de noyades, culbutes.  Bien sûr, ce furent des moments superbes mais ces longues minutes de corps à corps, nus tous les deux,  ces multiples frôlements, me mirent légèrement mal à l'aise. A mon corps défendant, Il y avait du désir en moi et je craignais par dessus tout qu'il s'en aperçoive,  que cela brise notre amitié. Le pire moment fut lorsque,  monté sur mes épaules pour plonger, sa queue  ses couilles reposaient sur mon crane et vice-versa d'ailleurs !
Rentrés à la maison de location,  nous trouvâmes sur la table de la cuisine,  un petit mot du reste de la bande:
On vous a attendus longtemps puis on est partis en ville se balader, retrouvez nous au resto ce soir, 21h.
- Cool! Dit-il,  on aura été tranquilles tout l'après-midi ! On va se doucher ?
Nous rejoignîmes nos chambres à  l'étage.  A peine arrivé dans la mienne,  il déboula me demandant :
- Passe-moi un boxer,  j'en ai plus aucun de propre. 
Et, sans attendre ma réponse,  il alla fouiller dans mon armoire,
- Ouah ! C'est quoi ce truc, hurla t'il  en riant et agitant devant mon nez un jockstrap.  Humm! Sexy, le mec ! t'en à d'autres des comme ça ?! Dit-il  rigolard se replongeant dans mes sous-vêtements. 
- Arrête ! Fait pas chier,  prend un boxer et fous le camp, hurlai-je  rigolard aussi en me précipitant sur lui. 

C'est ainsi que dans un énorme fou rire,  nous nous retrouvâmes sur mon lit nous bagarrant, lui pour m'empêcher de reprendre mon jock et moi pour lui arracher. Il était plus costaud que moi et après quelques minutes de lutte et de roulades sur le lit, il m'immobilisa sur le dos tout en me mettant mon jock sous le nez. Essoufflé l'un et l'autre nous restâmes quelques instants ainsi sans bouger, visage contre visage,  yeux dans les yeux.  Soudain, les sourires se figèrent,
 Et cela arriva. Il approcha sa bouche de la mienne encore recouverte par le jock qu'il écarta et il m'embrassa. Un baiser léger, encore timide puis nos bouches s'unirent , s'ouvrirent et nos langues se mêlèrent.
Quand il releva la tête,  il souriait content de lui,  assumant pleinement.  Moi, moi, je n'en menait pas large. Il me libéra une main, pour aller me palper la braguette de mon short, 
- Hey! C'est que tu bandes mon cochon !...
Je l'imitai et fit de même avec la main qu'il venait de me libérer 
- Et ça,  c'est quoi,  dis-je en lui tâtant la verge à travers le tissu du short,  c'est bien dur aussi! Bizarre pour un hétéro! retorquai-je.
Ses lèvres se reposèrent sur les miennes puis il se leva et se retourna. Son visage était juste au dessus de mon bassin, 
- Voyons voir ce qu'il y a la dessous dit-il d'une voix rauque. 
Un bouton, une fermeture éclair qui descend doucement,
- belle bosse, dit-il en caressant le coton de mon boxer....
Il en souleva alors doucement,  la ceinture  laissant ma verge libre de se déployer. 
- Tu fais quoi là,  L. Tu sais où tu vas? Tu sais où ça nous mène ?
- Et pourquoi pas ? Fut sa seule réponse. 

Il posa un baiser sur mon gland à moitié découvert,  me décalotta complètement,  souleva ma queue et la goba. 
Je cédai  et me laissai transporter, vaincu par le désir. Caressant son dos sous la chemise, mes mains partaient à la découverte de son corps.
Il lâcha mon sexe se redressa, ôta sa chemise, me débarrassa de mon short et de mon boxer et tandis qu'il finit de se dévêtir,  jetant son short et son slip à l'autre bout de la pièce,  je quittai mon tee-shirt. 
Nous étions nus, face à face. Verges dressées l'une contre l'autre.
Ce fut le corps à corps , enflammé,  violent,  désordonné.  Comme s'ils n'attendaient que cela depuis trop longtemps.  Je humai, me délectai de sa queue , longue, fine, lisse contrastant avec la mienne épaisse, longue,  veineuse qu'il suçait avidement dans un violent 69.
Je chérissai ses couilles longues et flasques et m'aventurai bientôt entre ses fesses glabres découvrant un profond sillon velu et humide ; j'y glissai mon visage. Déjà ma langue  cherchait son oeillet.  


Il aimait, il aimait tellement qu'il s'interrompit , tout à la découverte de ce  nouveau plaisir. 
Il se dégagea soudain, approcha son visage du mien et les yeux dans les yeux,  me demanda d'une voix obscurcie par le désir 
- baise-moi !
Sans un mot, comme assommé par ce qui nous, m'arrivait,  j'allai chercher à tatons dans le tiroir de la table de nuit,  du gel, me calai entre ses cuisses écartées et tout en dressant  et branlant sa bite brûlante d'une main, je lui bouffait tendrement le cul avant de glisser doucement mon premier doigt dans sa rondelle lui arrachant un petit gémissement .
- Détend-toi,  concentre-toi entièrement sur ton cul. 
Je tournai et retournai ce premier doigt et déjà la pression se faisait moins forte ; un second se fit un passage tandis que ma langue allait et venait sur sa tige et ses couilles.
Je prenais mon temps, adaptant mes mouvements, à sa respiration. Par de petits va-et-vient,  de légères rotations,  il s'ouvrait à moi et ses gémissements,  ses mouvements du bassin me confortaient dans l'idée qu'il avait du plaisir. 
Enfin,  je me retirai doucement et après avoir lubrifié ma queue et sa rosace, je le fis se retourner. 
Je le pénétrai doucement,  centimètre par centimètre. Le rassurant de mes caresses de mes baisers sur le dos
- vas-y doucement,  t'as une grosse teub et je suis vierge !
Quand enfin mon bas-ventre toucha ses fesses,  je marquai une longue pose 
- nous ne faisons plus qu'un, L. Ma queue est toute entière en toi,  tu la sens ? J'aurais jamais cru que cela nous arrive un jour,  je t'aime tu sais ?!
Et j'entamai mes premiers va-et-vient.  Tout doux puis au rythme de son plaisir grandissant,  de plus en plus intenses. 

Je lui proposait de changer de position,  je voulais que l'un et l'autre  soyons témoins de notre plaisir,  de notre jouissance.  Sur le dos, les cuisses largement écartées, un coussin sous les fesses  je l'empalai à  nouveau et c'est les yeux dans les yeux que je jouis en lui. Il  me suivi de peu inondant son torse d'abondantes giclées de foutre que je m'empressai de lécher. 
Nous nous séparâmes dans un énorme fou rire !
Nous restâmes enlacés un long moment. Son ventre chaud, sa queue brûlante contre mes fesses, irradiaient dans tout mon corps; c'était bon.   Puis, un peu pour briser le silence 
 - Déjà 7 heures ! Va falloir retrouver les autres,  
- On  a encore le temps,  le resto est réservé pour 9h.. et nous deux on a pas fini! Il glissa avec tendresse sa main entre mes fesses, 
- J'aimerais bien visiter par ici!
Je cherchai en souriant sa queue
- Hmmm, c'est que ça se raidit!...
Je la caressai d'une main, la frottant tout contre ma raie ;  oui, je la voulais, une envie subite, irrépressible, comme le couronnement de notre amitié hors normes.  Ma bite se dressait de nouveau contre mon ventre. 
- Viens,  murmurai-je
Je me tartinai moi-même de gel et guidai sa queue vers ma rondelle.
Quand enfin, il fut entièrement en moi,  nos corps presque fusionnés, je murmurai  
- Restons ainsi quelques instants,  je veux que chaque millimètre de mon cul  sente ton cœur battre dans les veines de ta queue.
Un langoureux et amoureux va-et-vient commença, je mouillais comme jamais, j'avais envie de crier comme jamais...  puis je me séparai de lui pour le chevaucher et m'empaler à lui. je voulais que nos yeux se rivent ensemble, je voulais ne pas manquer l'étincelle du  désir et surtout le voile de l'orgasme quand le moment viendra.


Je le chevauchai ainsi longtemps; caressant sa poitrine, le baisant souvent; le visage, la bouche, les yeux, les seins. Ma verge dressée à rompre battait sur mon entre au rythme de mes mouvements Enfin son regard se voila tandis que ma "cavalcade" se faisait plus intense, violente; 

Vint le moment inéluctable où le plaisir se fait cascade, tempête, ouragan. Soudain, sa verge en moi se gonfla encore si tant est que cela soit possible, je l'enserrai encore plus fort pour sentir ces derniers spasmes, ceux du jaillissement, ceux du dernier cri. 

Alors sans me séparer de lui, je branlai ma verge et dans un ultime spasme inondait de ma semence son torse et son visage et je m'écroulai sur son torse, vaincu, comblé, heureux. 

LE silence soudain régna dans cette chambre et la nuit aussi...
- Merde L. il est 20h30, on va être en retard! 
Il fallu se séparer, courir vers la salle de bains, prendre une douche rapide et s'habiller.
Nous n'échangeâmes pas un mot sur le chemin du centre ville.
La soirée se passa comme si rien ne s'était passé. Le lendemain était le jour prévu de son départ et nous bûmes à ses vacances.





10 avril 2021

Ils viennent de l'est


Ils ont débarqué depuis longtemps déjà. Il suffit de se promener un dimanche ensoleillé comme aujourd’hui pour s’en apercevoir. Ils se réunissent à certains endroits de Paris, la gare de l’est, la place de la Madeleine. Ils viennent de l’est.

Oui, vous venez de l’est et je vous reconnais facilement avec vos visages comme sculptés à la serpe, votre peau si blanche quelques fois rosie par le froid de l’hiver. Corps maigres, rassemblés près de la gare de l’est ou de la place de la Madeleine, buvant de longues canettes de bière en attendant sans doute le travail pour la journée ou peut-être un gogo à plumer.


Souvent, je vous écoute, vous observe. Je me laisse happer par la sensualité un peu brute qui se dégage de vos visages si pâles, de vos cheveux de paille et de vos yeux couleur de mer. Vous êtes si mecs, si virils, à vous voir tenir une cigarette et la porter à votre bouche, à vous voir là en bande, riant, vous alpaguant les uns et les autres et buvant, buvant des heures durant d’interminables rasades de bière;… et pourtant, pourtant, je voudrais quelques fois partager ces instants avec vous,  rire d’improbables blagues rapportées de Moscou ou bien d’ailleurs , vous bousculer en riant, et puis être là, être votre épaule quand l’émotion viendra, quand l’alcool ramènera les flots de souvenirs de la mère patrie. Les paysages enneigés de votre village natal, les visages amis, une copine laissée dont on n’a plus de nouvelles,… Alors, j’empêcherai le froid de ce trottoir, la laideur de cette gare, vous- te gagner. Alors nous serons amis, quelques instants. Comme ce lointain printemps avec Alexander et Victor. Le blond et le brun rencontrés sur les quais de la Neva. Nuits blanches. St Petersburg.


Alexander, Victor, le blond et le brun. C’était il y a longtemps maintenant. C’était du temps d’avant la Russie, du temps des soviets finissants. Quand tout ou presque vous était encore interdit, même si le Pepsi coulait déjà à flots, même si le rideau de fer se fissurait déjà. St Petersburg s’appelait pour quelques mois encore Leningrad. Du temps où il n’y avait rien d’autre faire ces nuits là, ces si longues nuits que de déambuler le long de la Neva. Un lecteur de CD à tue-tête, de la vodka.

Nous nous sommes croisés, moi l’occidental, vous la bande d’amis. Vous fêtiez la fin du lycée, je visitais l’URSS avec ma meilleure copine. Vous écoutiez Madonna. Alexander, le premier m’a alpagué ; il voulait comme ca, tout de go, mon polo Lacoste, mes chaussures Nike. J’avais soudain un peu honte, je prenais conscience de n’être qu’une affiche ambulante du monde occidental! je me suis tout d’abord un peu fâché d’autant d’insistance, de ces attouchements sans gêne ! Puis, nous avons très vite sympathisé, la vodka aidant, nous avons dansé, longuement sous cette lumière blafarde, magique des nuits blanches de la baltique.


Alexander, j’ai aimé tout de suite ta longue et mince dégaine, tes yeux grands bleus qui me regardaient, me regardaient… tes mains qui me touchaient, me tripotaient sans cesse. Tu t’amusais de mon trouble ; tu en abusais. Victor, tu étais plus réservé, plus sombre. Si brun, si blanc de peau. Des yeux si bleus. Tu venais de Géorgie.

Je ne me souviens que de vos regards qui valsaient autour de moi, du frôlement de nos corps, de vos mains sur mes bras, autour de mes hanches, autour de mon cou. Je ne sais pas de quoi nous pouvions bien parler. Mon anglais était moyen, le vôtre …

Je ne parlais pas le russe et votre français était à peine scolaire. Mais je me souviens que nous avons beaucoup ri, que nous avions envie de nous revoir. Si Isa n’avait pas été là, je crois que nous aurions fini la nuit ensemble tous les trois.


Nous nous sommes donné rendez-vous pour le lendemain à la porte de mon Hôtel ; l’affreux hôtel Leningrad. Charme stalinien moderne, juste en face du croiseur Aurore.

J’attendais, je vous attendais tous les deux, et Alexander n’est pas venu. Comment vous êtes-vous décidés, à la courte paille ?  Victor,  Victor, tu t’es approché de moi, un sourire malicieux au coin des lèvres. Tu m’as pris la main
 – come !-

Nous avons marché, marché toute la journée dans cette ville de Leningrad. Tu parlais, tu n’arrêtais pas de parler ! Tu me saoulais d’explications en russe, en français, en anglais! Je n'en comprenais pas grand chose ; je m’en foutais, j’étais bien. Tu me tenais la main tout le temps. Quelques fois tu me prenais par le cou. C’était normal. En URSS, c’était normal. Touchant d’ailleurs, de voir ainsi tous ces soldats se tenir affectueusement par la main dans la rue.

 



La perspective, Nevsky, les « Champs Elysées » de Leningrad. Déjà des marques étrangères, déjà le luxe occidental étalé le long de ces larges trottoirs. Tu m’as emmené chez « je ne sais plus », en tous cas selon tes dires le plus grand, le meilleur glacier de toutes les Russies et à voir la queue devant la porte, on pouvait tout à fait le croire. Avec ton plus grand sourire, toujours en me tirant pas la main, nous avons allègrement doublé tout le monde ! bien entendu tu connaissais la serveuse et bien entendu, elle nous a trouvé une table. Tu as commandé du « champagne », du champagne de chez toi – la Géorgie- nous l’avons bu en dégustant de grandes glaces pleines de crème chantilly. Nous avons bu toute la bouteille de cette infâme boisson trop sucrée. Tu faisais de grands gestes, de plus en plus amples tandis que la bouteille se vidait. Tu me parlais du service militaire, de la caserne que tu devais rejoindre dans quelques jours, de tes craintes à l’idée de cet enfermement, de cette longue parenthèse forcée ; deux ans je crois, j'avais du mal à te suivre! Puis, tu as laissé quelques billets sur la table, tu m’as pris par la main. Tu ne parlais plus. Nous avons pris un bus bondé, collés l'un contre l'autre puis marché longuement dans un quartier désert, le long d’une rue sans voitures ou presque,  d'immeubles défraichis, de cages d’escaliers n’ayant pas vu de pot de peinture depuis trop longtemps.


Enfin, un escalier monté quatre à quatre, une clef tournée, un appartement dans une triste pénombre, une odeur de choux, partout.

Tu as fermé la porte, tu t’es approché de moi et doucement, tendrement, désespérément ( ?) m’a enlacé ; fort, très fort. Que faire, que dire, rien. Juste passer mes bras autour de ta taille ; fort, très fort et laisser passer l’orage qui grondait en toi. Le temps à passé, ta colère s’est apaisée, tu t’es écarté de moi, tu as enlevé ton polo, découvrant ton torse bien charpenté. De nouveau ta main qui prend la mienne, qui me conduit vers ce qui devait être ton lit, un petit lit dans une chambre pleine de lits défaits, de vêtements éparpillés. Une chambre de garçons, déjà une chambrée. Tu as commencé à me dévêtir, comme pour m’encourager. Puis bien sûr, c’est venu. J’ai aimé très vite ton corps puissant, tes fesses charnues et si poilues, ta queue courte, large et massive. Nus, debout, nos bites dressées dans ce capharnaüm indescriptible, nous sommes partis à la découverte de nous, dans une longue étreinte, danse sans musique, simplement rythmée par nos soupirs, nos bruits de caresses et de succion. Tes mains caressant mes fesses, mes mains passionnées malaxant tes cuisses musclées, puis ta queue, puis tes merveilleuses et longues couilles que je m’amusais à découvrir après t’avoir retourné, tandis que mes mains t’écartaient les fesses, tandis que ma langue explorait ton entrejambe et ton oeillet.

Puis, toi en moi, un peu sauvagement, un peu brusquement. Je me souviens de la douleur, des premiers regrets du début car tu n’en faisais pas cas. Le bruit de ton crachat sur ta main. Puis, toi en moi, à ta manière, par à coups, violents, espacés. La journée défilait dans ma tête, l’odeur de choux, les vêtements sales, les vitres sales. Tu as compris. Doucement tu t’es retiré, la tendresse est revenue, les caresses. La sueur des corps, l’abandon. Alors, tu m’as fait comprendre que tu voulais bien de moi, tu voulais, désirais ( ?) ma longue et épaisse queue en toi. Était-ce la première fois, étais-je le premier. Je ne t’ai pas posé la question, peu importait. Tu as aimé, c’est l’essentiel, tu as souhaité après avoir joui en toi, que nous restions comme cela, longtemps, moi en toi. Le temps que tu jouisses, le temps que tu t’apaises. Nous avons pris une douche brûlante, Quand nous sommes revenus dans la pièce, Alexander était là, avec deux autres copains. Sourires, complicité. Nous nous sommes rhabillés sous les gloussements amusés des copains d’Alex. Bonheur.

Nous avons passé, tous ensemble, une nouvelle nuit, le long de la Neva. Madonna avec nous, la vodka aussi.


Le dernier soir. Nous deux dans cet appartement sordide, seuls. Je suppose que tu avait passé le mot. Nous avons baisé bien sûr. Maintenant que je m’étais habitué à ta queue, maintenant que tu savais comment m’aborder, il nous fallait nous quitter. Pour toujours. Etais-ce de l’amour ? Non, juste deux êtres qui se sont croisés au bon moment, c’est tout. Nous avons bu, trop, toute la nuit. Avant de nous séparer, je t’ai remis bêtement, maladroitement, un sac en plastique, dans lequel j’avais glissé mon Levi’s, celui que j’ai porté durant nos jours. Tu m’as donné une ceinture de l’armée rouge. Je l’ai encore. Enfin, au petit matin, tu m’as accompagné jusqu’à la porte de mon hôtel. Ce matin là encore plus moche, encore plus lugubre que d’habitude. Quelques instants encore. Ta main est venue une dernière fois prendre la mienne. Un dernier baiser sans honte devant le garde de l’hôtel. Comme une ultime bravade. Puis, un sourire forcé, tu t'es éloigné, tu t'es  retourné, une main se lève. Un adieu. 

. C’est fini. Il ne reste qu’un puissant mal de crâne. Déjà il faut préparer les bagages. Ce soir, je dormirai à Paris.