14 août 2020

cam addict


En fait il n’aimait pas vraiment baiser. Le sexe oui mais baiser c’était compliqué ; trouver un mec, se fader sa conversation sans intérêt dans un bar le plus souvent glauque. Il fallait crier aussi parce que la musique était le plus souvent assourdissante ; boire aussi et il détestait boire de l’alcool. 
Enfin quand il arrivait à ses fins, la plupart du temps il était déçu, il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas ; le grain de la peau, la bite trop grosse ou trop petite, il n’aimait pas faire çi ou il n’aimait pas faire ça. Le pire déjà c’était d’aller chez les autres dans des intérieurs quelques fois à frémir… Mais il n’était pas question de faire ça dans la voiture ni même dehors et encore moins chez lui ; chez lui c’est sacré !
Pourtant, pourtant il aimait le sexe ! de fait il y pensait beaucoup voire tout le temps. Au bureau, en voiture, au supermarché, tout le temps à déshabiller les mecs, mater les culs et fantasmer sur tout ce qu’il leur ferait. 
Le soir venu, c’était pire car il suffisait d’allumer son pc et de cueillir. Mais même ça à force vint à le lasser car finalement peu de mecs sur les sites  de tchat étaient à son goût. Lui qui cultivait très sérieusement son corps à la salle de gym, par un régime sévère trouvait la plupart des tchateurs passables et surtout pas très imaginatifs et finalement il préférait et de loin  être actif dans la relation même virtuelle ou à distance. 
C’est pourquoi il était devenu webcam addict. Ça c’était le pied ! non pas mater des mecs ni même tchatter avec eux tout en se branlant, non. Le pied pour lui c’était l’exhib. Se mettre devant la caméra, faire comme s’il était avec un mec, lui parler, l’imaginer se dévêtir, imaginer et lui dire ce qu’on allait lui faire. Il ne pensait même pas aux centaines voire aux milliers de spectateurs partout dans le monde qui le mataient, qui lui envoyaient en tchat des encouragements, des désidératas, des insanités. Rien de tout cela l’effleurait, d’ailleurs il avait coupé le haut-parleur, seul le micro restait branché. Bien sûr il se savait regardé, il se savait désiré, le compteur de jetons en témoignait et son compte en banque en bénéficiait aussi. 
Ce matin là, après avoir  fait quelques courses au drugstore  il se rendit compte que la journée venait à peine de commencer et qu'il n'avait rien à faire de cette belle journée ensoleillée. 
Pas de bbq avec des potes,  rien d'autre que rentrer à la maison et pas d'autre choix que de s'entraîner dans son garage à soulever de la fonte pour entretenir son  corps que personne finalement ne touchait à part lui.
Alors il chassa tout cela de son esprit; on l'attendait,  un mec quelque part l'attendait,  brûlait de se faire baiser par lui, brûlait de sentir sa grosse queue l'empaler.. la webcam de son smartphone branchée et connectée, 
Il entra dans son trip,  il était redevenu  l'autre.
Il tourna à droite vers la zone industrielle déserte en ce dimanche matin et arrivé dans un coin tranquille, commença à  installer son smartphone dans un coin stratégique de la voiture.
Le mec de ses rêves était là,  impatient et prêt dans sa splendide nudité, corps fantasmé,  idéal. 
Tout en se déshabillant,  il l'excitait de mots crus:
- tu ne perd rien pour attendre mec,  ma queue va te défoncer le cul, mais avant ça tu vas te régaler à la sucer profond,  tu vas me bouffer les couilles. 
- tiens regarde cette matraque elle est pour toi,  viens l'engloutir, viens que je te baise ta belle gueule. 
Sa queue, ce mandrin dont il était plutôt fier se dressait massif, turgescent devant la caméra.
Il l'approcha au plus près, offrant un gros plan impressionnant sur le gland, méat ouvert, couvert de mouille. 
Il sentait cette bouche avide absorber sa verge, cette langue parcourir ses veines gonflées de sang.  Il gémissait, il encourageait son partenaire virtuel, lui promettant des flots de foutre en récompense. 
Bientôt,  la vague montante du  plaisir, celle qui emporte tout, le submergea tout entier. 
Dans un ultime et profond spasme, il couvrit de sperme le visage ravi de son partenaire. 
En ouvrant les yeux, sa verge déjà ramollie encore dans la main il retrouva le beat de sa radio,  le terrain vague inondé de soleil. 
Il essuya le sperme de sa chemise,  enfila son boxer et son pantalon. 
Il avait faim subitement.  Allez,  un bon hamburger pour continuer,  qu'en dis-tu ?
Seul dans la voiture,  il s'éloigna. La caméra diffusait toujours.  Il ne s'en souciait pas mais ils étaient des centaines connectés à le suivre en route vers le Mac drive. 








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