Je nage en plein bonheur, depuis cinq jours, depuis que j’ai rencontré Marcello. Marcello est mexicain, il est arrivé on ne sait trop comment à Paris, d’ailleurs je ne suis même pas sur que ses papiers soient en règle. Il travaille comme serveur dans un restaurant mexicain de Paris. Son français est approximatif mais mon espagnol est excellent ce qui compense !
Pas spécialement beau, plus européen qu’indien (il n’aime pas les indiens et se fâche si on le soupçonne d’avoir un peu de sang mêlé !). Insouciant, vivant le moment présent et ne pensant à rien d’autre, il a enflammé ces cinq derniers jours. Oh ! Je ne suis pas amoureux, non. Mais c’est tellement rare de rencontrer un mec aussi frais, nature. Avec lui on baiserait tout le temps ! Merveilleux non ?! Les soirées en boîtes sont époustouflantes, il parle à tout le monde, rie, touche, fait de grands gestes ; personne ne le comprend vraiment mais son enthousiasme est contagieux ; je m’efforce de traduire sous le vacarme. Ce soir là nous avions passé la soirée dans un bar de nuit quelconque, comme les deux autres soirs, dans un tourbillon permanent de n° de téléphones échangés, de promesses qui ne seront jamais tenues.
Nous étions accoudés au comptoir buvant le énième dernier verre, j’étais chaud, j’avais envie de rentrer et de baiser avec lui. Je lui caressais les fesses sous le jean, lui, tout contre moi continuait de distribuer des sourires, tout en sirotant son verre d’une main et me caressant la braguette de l’autre, il avait défait la plupart des boutons de mon jean et sa main cherchait négligemment dans mon slip.
Je bandais bien entendu et ma queue avait de plus en plus de mal à rester contenue dans son carcan. Je le soupçonne de jouer à ce petit jeu là surtout pour aguicher les autres mecs au comptoir. Je n’y trouvais rien à dire car rien que cette idée m’excitait encore plus et farfouillais de plus belle dans son jean ; pour un peu, je lui enfonçais un doigt dans le cul !
A mes cotés, un couple nous observait, le plus proche de moi, m’observait moi. Il était vieux ; vieux mais de belle allure avec une crinière blanche superbe. Il s’est approché de moi, de mon visage, il m’a susurré des mots incompréhensibles dans l’oreille et a m’a posé une bise dans le cou. La main de Marcello, ses fesses contre ma main, l’alcool, la perspective d’une bonne baise, le regard de tous ses spectateurs qui comblaient mon goût pour l’exhibitionnisme, me grisaient. N’y tenant plus, j’ai proposé à Marcello de quitter l’endroit et me suis levé de mon tabouret.
Mon regard a croisé celui du vieux ; il resplendissait, il rayonnait ; son sourire magnétique m’hypnotisait, je me suis soudain approché de lui, me suis glissé entre ses bras. Nous sommes embrassés longuement, langoureusement ; ses mains me caressaient la tête, j’étais bien, merveilleusement bien, un instant, j’ai souhaité que cela dure longtemps. Nous nous sommes séparés, souri, regardé, j’ai quitté le bar sans que nous eussions échangé un mot. Je me suis retourné avant de passer le pas de la porte, il me souriait encore. J’ai gardé longtemps son odeur sur moi. Je l’ai oublié bien entendu quand Marcello s’est enquis de me branler sans attendre d’arrivée à la maison, là sur la banquette du taxi.
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