30 juin 2020

Un caleçon bleu **

Seul à Paris, reposé, face à mes résolutions de rentrée, les mêmes que celles que l’on peut faire juste après le nouvel an :, ne pas se laisser emporter par le boulot, faire du sport, ne pas reprendre les quelques kilos pris durant les vacances.


La salle de gym était presque vide ce soir là. Un soir d’août à Paris. Un Paris vidé de ses habitants.
Une heure et demie de « cardio-training » sur des appareils toujours plus sophistiqués. On rame, pédale, monte quatre à quatre l’escalier de secours de la tour Montparnasse. 
Tout cela sous les néons de la salle de sport, tous en rang d’oignons face à des téléviseurs sans le son. La vie parisienne quoi !
Après une heure et demi d’efforts donc, trempé de sueur mais content de ce premier round de la rentrée, je décidai que cela suffisait et que je méritais une bonne douche.
C’est alors, que nous nous sommes retrouvés tous les deux nez à nez contre cette porte des vestiaires. Tu m’as souri et tenu la porte. 
Un ange, une apparition, un rêve ?  Des yeux d’un bleu profond. Un regard incandescent.
J’ai balbutié un vague merci, ponctué d’un quelque chose qui devait ressembler plus à une grimace qu’à un sourire. 
Tu devais te marrer ! L’adulte soi-disant blasé, le mec qui a tout vu, devenu un adolescent pubère !
Comble de l’horreur, ton casier était tout proche du mien. Mes gestes n’en étaient que plus désordonnés encore. Je mis un temps fou à ouvrir mon casier, ne sachant comment continuer de te regarder, sans que cela se voie, sans que tu puisses t’en douter. Naïf que j’étais. 
Toi tu posais, tu ôtais doucement, trop doucement ton marcel blanc flanqué de l’emblème des gymnastes allemand, m’offrant ainsi ton torse trempé couleur miel. 
Pas un poil, des pectoraux discrètement marqués, ponctués de petits tétons. Des abdominaux en vagues douces, un nombril profond. Tu prenais ton temps. Conscient de l’effet que tu produisais.
Tu t’es essuyé le torse et le dessous des bras avec ton marcel, avant de le jeter négligemment sur le banc. Avant enfin, de quitter ton pantalon de survêtement et ton caleçon bleu. Un ravissement. 
Je devais avoir les joues en feu tandis que je me déshabillais à quelques centimètres de toi. Je ne savais pas où me mettre, j’avais d’un coup honte de mon corps, peur que tu me vois, me jette un regard, LE regard qui tue. Mais tu ne t’occupais que de toi et de l’effet que tu faisais, en toute conscience, sur moi et sans doute sur les autres participants à ton spectacle.
Ton caleçon bleu ôté, tu t’en es servi là encore, pour essuyer ton cul un peu plus blanc que le reste du corps, ton entrejambe, ton sexe et les jambes avant qu’il ne rejoigne après un geste parfaitement étudié le reste de tes vêtements sur le banc.
Une serviette , une savonnette et te voilà parti sous la douche, me permettant ainsi de reprendre un peu mes esprits, de finir de me déshabiller avant de te rejoindre dans la salle de douche.

 « The show must go on », tu te savonnais le corps avec application. Tu passais ton gant de toilette sous les aisselles, sur ton torse, doucement, très doucement.
Tu t’attardais sur ton cul comme pour mieux nettoyer l’entrejambe, ta raie du cul. Ton cul qui semblait si ferme, si offert alors que tu te cambrais voluptueusement.
Tu passais et repassais sur tes couilles longues et bien pendues sur lesquelles reposait un petit mais joli sexe qui se rallongeait légèrement tandis que tu le décalottais régulièrement afin d’en chasser une inexistante crasse.
Enfin, tu te rinças, tu m’offris alors ton corps dégoulinant d’eau savonneuse, ses contours, ses formes qui en devenaient plus nettes. Tu m’offris ton nombril si profond, cette légère, si longue, si blonde et duveteuse ligne de poils. Interminable chenille qui menait à une parfaite et travaillée touffe blonde couronnant ton sexe et tes longues couilles. 

Je te laissais partir seul vers le vestiaire. Un corps comme celui-là, un garçon comme toi, ce n’étais pas pour moi. Trop bien pour moi. Sans doute, si j’avais tenté de quitter mon personnage de voyeur passif et honteux, tu aurais pris un air surpris, indigné voire insultant.  
La salle de douche communiquant avec la salle de vestiaire, j’attendis de te voir partir pour me sécher et rejoindre à mon tour mon casier.
C’est là que je le vis. Tout contre mes vêtements, posé là sur le banc, ton caleçon bleu. L’avais-tu oublié, était-ce délibéré comme un cadeau, comme une continuation de ton exhibitionnisme ? Je choisis ce scénario là. Je t’imaginais alors, marchant dans la rue , bandant, la queue libre de ses mouvements dans ton jean "low rise" et souriant à l’idée de me voir le revêtir à mon tour.
J’ai alors porté le caleçon contre mon visage pour, tel un animal retrouver au cœur de toutes tes odeurs, celles des efforts à la salle, celles d’une journée passée au contact de ton intimité.

Je me suis essuyé le corps, en insistant sur mon bas ventre juste avant de l’enfiler. Ma queue allait se poser là où la tienne se mouvait, nos sucs allaient se mêler ; lirais-je dans tes pensées? Je quittai la salle de sport, en pleine communion avec toi, je te remerciais de ce don.

1 commentaire:

  1. Premier commentaire que je laisse sur ton Blog que j'ai lu avec beaucoup de plaisir. Comme quoi faire du sport à de bons côtés, n'est-ce pas ?

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